Ni Jean-Jacques Goldman, ni JeHan, ni Hubert-Félix Thiefaine, ni Jean-Jacques Milteau n’est le plus grand bluesman français (ni Personne ?)

Qui est le plus grand bluesman français ? 7bis/8
11bis233bis44bis5677bis8

C’est promis : demain, on met fin au suspense, on saura qui est le plus grand bluesman français. Un dernier points sur les nombreuses propositions des lecteurs du blog.

Merci à « Genzo le parolier » pour sa proposition d’authentiques blues de Renaud : Le blues de la Porte d’Orléans, et À quelle heure on arrive.

 

NP propose Jean-Jacques Goldman comme plus grand bluesman français avec à l’appui de cette hypothèse Reprendre c’est voler qui est assez blues. Je ne sais plus quoi inventer pour repousser toutes ces bonnes idées … Disons qu’il est trop optimiste ce bon J.-J. G.

 

Sur Facebook, Alain Berjon nous propose JeHaN qu’on a déjà vu sur le blog dans une veine plutôt réaliste (ici). Il excelle aussi dans le blues donc, avec par exemple cette reprise d’un grand succès de Michel Fugain, Je n’aurai pas le temps, extrait de son album La vie en blues. Tiens tiens, encore des paroles de Pierre Delanoë, ça avait suffit à éliminer Joe Dassin !

 

Loïc Perlman propose un duo, Paul Personne et Hubert-Félix Thiefaine. Le vieux bluesman et la bimbo. Très réussi, mais on cherche un seul plus grand bluesman français, ça ne peut pas être un duo.

 

Pierre Aboulker nous propose enfin l’harmoniciste Jean-Jacques Milteau. Ça ne compte pas, ici on ne s’intéresse qu’aux chanteurs ! Blues Harp.

 

Tous les thèmes

Le renouveau de la chanson engagée

Les chansons de Mai 7/9
1234566bis7899bis

Je profite de ce billet pour évoquer une autre révolution dont on fête l’année prochaine le 170è anniversaire. À vos calculatrices : il s’agit de 1848, qui partage quelques points communs avec 1968, notamment le mélange d’intellectualisme et d’ouvriérisme, ou cette fin décevante pour les révolutionnaires : des électeurs s’en allant « voter par million pour l’ordre et la sécurité » comme disait Renaud dans Hexagone. Elle avait son chanteur engagé, Pierre-Jean de Béranger, déjà assez âgé, et objet d’un véritable culte à l’époque.

Je vous présente un extrait de L’éducation sentimentale de Gustave Flaubert (qui haïssait tout ensemble Béranger et les révolutions, on en reparlera dans de prochaines séries). Le héros du livre, le très médiocre et bourgeois Frédéric Moreau, tente en pleine révolution d’intervenir au Club de l’Intelligence afin de « se lancer ». Il y est introduit par son ami Dussardier, « le bon commis », un ouvrier révolutionnaire. Il découvre alors que le Club est dirigé par un autre de ses amis, Sénécal, un idéologue socialiste à l’esprit étroit (il n’y a qu’à voir sa profession : répétiteur de mathématiques).

___________
Au bureau du président, Sénécal parut.

Cette surprise, avait pensé le bon commis, plairait à Frédéric. Elle le contraria.

La foule témoignait à son président une grande déférence. Il était de ceux qui, le 25 février, avaient voulu l’organisation immédiate du travail ; le lendemain, au Prado, il s’était prononcé pour qu’on attaquât l’Hôtel de Ville ; et, comme chaque personnage se réglait alors sur un modèle, l’un copiant Saint-Just, l’autre Danton, l’autre Marat, lui, il tâchait de ressembler à Blanqui, lequel imitait Robespierre. Ses gants noirs et ses cheveux en brosse lui donnaient un aspect rigide, extrêmement convenable.

Il ouvrit la séance par la déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, acte de foi habituel. Puis une voix vigoureuse entonna les Souvenirs du Peuple de Béranger.

D’autres voix s’élevèrent. :
– Non ! non ! pas ça !
– La Casquette ! se mirent à hurler, au fond, les patriotes.

Et ils chantèrent en chœur la poésie du jour :
Chapeau bas devant ma casquette,
À genoux devant l’ouvrier !

Sur un mot du président, l’auditoire se tut. Un des secrétaires procéda au dépouillement des lettres.
_________________

Ce n’est pas une grande surprise : en 1848, on faisait déjà la révolution en chanson !
Revenons à Mai 68, qui a entraîné un certain renouveau de la chanson engagée auquel on consacre deux billets. Écoutons d’abord, Les Barricadiers, un groupe typique de Mai 68 avec la Chanson du C.M.D.O. (Conseil pour le Maintien Des Occupations).

On notera le décalage troublant entre les paroles et la réalité de Mai 68 : « des canons par centaines, des fusils par milliers » chantent les Barricadiers, alors qu’aucun coup de feu n’a été tiré en Mai 68, me semble-t-il. C’est le versant délirant de Mai 68, révolution fantasmée par ses propres protagonistes, ou « spectacle » de révolution si on veut rester dans la logorrhée de l’époque. Cet usage du mot « spectacle » est dû au philosophe Guy Debord, qui a aussi commis quelques paroles de chansons, un bien étrange fatras. Ici, Les journées de mai, sur la musique de El paso del Ebro (ou ¡Ay, Carmela!), un chant très connu des républicains espagnols, et qui remonte en fait aux guerres napoléoniennes, parcours étonnant d’une chanson de révolutions en révolutions…  Par Vanessa Hachlmoum (pseudonyme de Jacqueline Danno, déjà entendue dans la série).

 

La chanson engagée issue de Mai 68 comporte aussi des tentatives originales, en prise directe avec les usines, les ouvriers, les luttes syndicales, les immigrés, etc. Par exemple, Nous sommes le pouvoir ensemble, de Colette Magny dans un style aujourd’hui un peu daté. La chanson proprement dite commence vers 3:20.

Ou Répression, avec une interview intéressante de Colette Magny à partir de 5:00 environ, puis de nouveau une chanson à la fin.

Tous les thèmes

La révolution d’Évariste

Les chansons de Mai 3/9
1234566bis7899bis

Je n’ai eu qu’une seule réponse au sondage « quel est le chanteur le plus soixante-huitard ? « . Répondez, répondez !

Dans son témoignage du billet précédent, Renaud évoque « un jeune mec qui avec sa guitare chante une chanson qu’il venait d’écrire : La révolution« . Il s’agit d’Évariste (pour ceux qui en doutent, écoutez bien les paroles que chantonne Renaud, ça correspond parfaitement). La révolution, par Évariste, qu’on a déjà rencontré dans la série sur les scientifiques dans la chanson (ici).

Quelques années plus tard, Renaud a d’ailleurs chipé à Évariste cette idée de dialogue avec une voix d’enfant imitée dans Pourquoi d’abord.

Tous les thèmes

Crève salope

Les chansons de Mai 2/9
1234566bis7899bis

Peut-être la chanson la plus authentique de Mai 68 : Crève salope, de Renaud. Chanson mythique, écrite sur un coin de table, dans un amphi de la Sorbonne occupée. Renaud avait 15 ou 16 ans (comment savoir : il est né un 11 mai !). Crève salope a eu un succès immédiat mais n’a jamais été enregistrée en studio.

Témoignage de Renaud à son propos :

Tous les thèmes

Satisfaction

Les cultures soixante-huitardes 1/8
11bis2344bis5677bis8

Bienvenue sur le Jardin aux chansons qui bifurquent, le blog qui parle de chansons à travers des séries thématiques ! Vous pouvez voir tous les thèmes traités depuis le début ici. Au début de chaque billet, il y a des petits numéros (regardez, c’est trois lignes au dessus), qui permettent de naviguer dans le thème.

Si vous vous abonnez (lien en haut à droite), dès demain, vous pourrez commencer à chercher une énigme passionnante… Là, vous êtes au début du premier des cinq thèmes consacrés à Mai 68 en chanson :

1 – Les cultures soixante-huitarde
2 – Mai 68 politique
3 – Les chansons de mai
4 – La chanson anti-soixante-huitarde
5 – Les nostalgiques de Mai 68

On commence par un aspect paradoxal de Mai 68, maintes fois souligné : grande révolution collective et sociale et en même temps irruption de l’individualisme et de l’hédonisme dans le champ politique. Déjà les « en même temps »… Je vous passe Satisfaction, des Rolling Stones, classée 2e plus grande chanson de tous les temps par le magazine Rolling Stone !! Ça date de 1965.

Tous les thèmes

Peau aime

Paralipomènes 67/67
(la série qui revient en 68 billets sur les 44 premiers thèmes du blog)
123456789
101112131415161717bis1819
20212223242526272829
30313233343536373839
40414243444546474849
50515253545556575859
6061626364656667

Voilà, c’est le 31 août, la série d’été se termine. On a fait le point sur les quarante-quatre séries thématiques passées depuis le début, et même sur les neuf posts hors-série. Les séries thématiques reprennent samedi !

Pour conclure en beauté ces paralipomènes, je vous propose Peau Aime de Renaud. C’est la synthèse d’un peu tout, un manifeste lucide du grand Renaud sur la chanson, les mobylettes, Renaud et son rapport complexe à la réalité… sujet qu’on a abordé dans plusieurs séries de ce blog (dès le tout premier billet du blog). Renaud va même jusqu’à dire « Verlaine« , on dirait qu’il l’a écrit exprès pour mon blog.

Tous les thèmes

Ça ne leur a toujours pas plu

Paralipomènes 59/67
(la série qui revient en 68 billets sur les 44 premiers thèmes du blog)
123456789
101112131415161717bis1819
20212223242526272829
30313233343536373839
40414243444546474849
50515253545556575859
6061626364656667

La quarante-et-unième série du blog, c’était une énigme, l’énigme JB. Pierre A. de Bruxelles, m’a signalé une chanson en lien avec elle, je ne vous en dis pas plus, ce serait un spoil. Juste un indice : JB n’a rien à voir avec Jacques Brel. Ma chanson leur a pas plu, suite, de Renaud.

Tous les thèmes

 

Ma série préférée

Paralipomènes 20/67
(la série qui revient en 68 billets sur les 44 premiers thèmes du blog)
123456789
101112131415161717bis1819
20212223242526272829
30313233343536373839
40414243444546474849
50515253545556575859
6061626364656667

Vous vous demandez peut-être quelle est ma série préférée depuis que je fais ce blog ? Plus probablement, vous ne le vous demandez pas… Mais je vous le dis quand même : c’est la treizième série que j’ai passée, Décortiquons l’auto-stoppeuse. Parce qu’elle ne parle de rien de spécial, que ça m’a pris une heure seulement pour la préparer, qu’il y a du rock, du Renaud, de l’interaction avec mes lecteurs, Louis de Funès et quelques vers de Victor Hugo. Je voudrais que toutes les séries soient comme celle-là, mais la vie n’est pas si simple…

C’est aussi l’une des séries qui a eu le moins de succès, retournez donc y jeter un œil. On y parle de Star Shooter, groupe de rock lyonnais, auquel j’affirmais préférer Haine Brigade (ici). Ce groupe anarcho-punk des années 1980 n’a sorti qu’un seul album, Sauvage, qui se trouve être l’un des deux vinyles en ma possession, impossible de me rappeler comment il est arrivé là. Pour information, l’autre, c’est un disque de Vladimir Vyssotski, compagnonnage intéressant, je me plais parfois à imaginer ce que ces deux galettes auraient à se raconter si elles prenaient vie… Je passerai du Vyssotski une autre fois (voir ici).

Haine Brigade a connu en son temps un beau succès d’estime dans le milieu alternatif. Je retiens surtout son authenticité rock et la voix de sa chanteuse Alexa. Une voix peu travaillée et qui rebute certains, mais qui a quelque chose de juvénile, sincère et engagé. Bref j’adore, et le succès de Haine Brigade lui doit beaucoup selon moi. Je vous passe Solitude urbaine, de Haine Brigade.

Je vous propose plein d’autres liens. D’abord, une deuxième vidéo, avec plein de photos d’époque.

Et puis le site officiel du groupe et une belle interview pour en savoir plus.

Tous les thèmes

Hexagone

Paralipomènes 19/67
(la série qui revient en 68 billets sur les 44 premiers thèmes du blog)
123456789
101112131415161717bis1819
20212223242526272829
30313233343536373839
40414243444546474849
50515253545556575859
6061626364656667

La douzième série du blog proposait un petit tour dans les autres blogs consacrés à la chanson. J’ai omis de vous parler de Hexagone, excellent journal sur la chanson. Allez-y voir, ici.

Et puis pourquoi diable appeler Hexagone un truc en lien avec la chanson ? S’il y avait une chanson qui s’appelle Hexagone, ça se saurait. Hexagone, de Renaud (amusant de la passer le 14 juillet, c’est pas du tout pour commémorer le 24è anniversaire de la mort de Léo Ferré, ce sont les hasards de la programmation comme on dit).

Tous les thèmes

La marche des polytechniciens

Paralipomènes 2/67
(la série qui revient en 68 billets sur les 44 premiers thèmes du blog)
123456789
101112131415161717bis1819
20212223242526272829
30313233343536373839
40414243444546474849
50515253545556575859
6061626364656667

La série sur le système éducatif évoquait la place un peu disproportionnée des grandes écoles dans notre pays. On voyait l’argot de normale sup ou de l’X s’insinuer jusque dans les chansons de Gainsbourg, Renaud ou Vanessa Paradis. Pour continuer dans cette direction, je vous propose aujourd’hui La marche des polytechniciens, extrait de La tour Eiffel qui tue, comédie musicale de 1946. La musique est de Georges Delerue, qui livrait là l’une de ses toutes premières compositions.

« Grâce aux équations de tous les degrés, nous gouvernerons un jour l’univers »… Tiens tiens, j’aurais aussi pu mettre cette chanson dans la série sur les scientifiques dans la chanson (ici) !

La vidéo youtube totalise 85 vues au 7 janvier 2017 ! Le 8 mai 2017, il y avait 97 vues. Aidez un peu ces jeunes artistes nom de dieu, cliquez, cliquez.

Tous les thèmes