La prime à l’ignorance à QPUC

Questions pour un champion 5/6
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L’un des aspects les plus curieux de QPUC est la prime à l’ignorance. Bien des contempteurs du jeu en ont une vague notion, quand ils notent que les champions ne sont pas « vraiment » cultivés (whatever that means). De nombreuses anecdotes soutiennent cette opinion, tel ce grand champion, vainqueur de cagnottes et joueur invincible de club, que j’ai vu répondre « 1923 » à la question de savoir quand les nazis avait pris le pouvoir. Il estimait s’être trompé de pas beaucoup, 1923 ne différant que d’un chiffre de la bonne réponse : 1933. La prochaine fois, il répondra peut-être 1833… le champion sait tout, mais rien de plus pourrait-on dire. Il serait même l’ignorant paroxystique : détenteur d’un bric-à-brac de faits anecdotiques, vide-grenier de la culture, chien savant, adepte d’une sorte de gonflette du cerveau, authentique déconstructeur du savoir, broyant tout l’édifice de la connaissance pour le réduire à des miettes débitables au 4 à la suite, faisant donc exactement le contraire de l’intellectuel véritable. Peut-être, et alors ? Du moment qu’on marque au 9 points gagnant, où est le mal ?

Au delà de ces jugements de valeurs sans intérêt, au jeu, la prime à l’ignorance est un phénomène bien réel. Abordée sous l’angle de la modélisation, on peut l’expliquer ainsi : plus la mémoire est grande, plus l’algorithme de récupération des informations est lent (un peu comme une bibliothèque : plus elle est grande, plus il faut de temps pour retrouver son bouquin). Donc, une mémoire vraiment gigantesque doit finir par être un handicap dans un jeu de rapidité. Ce phénomène ne s’observe pas vraiment à l’échelle humaine et à QPUC, sauf sur des sujets très précis et rarement abordés dans le jeu.

Par exemple, supposez que vous ayez des connaissances professionnelles en mathématiques, et qu’il y ait une question sur un théorème. Vous croyez être avantagé, vous en connaissez des dizaines, voire des centaines. Facteur psychologique non négligeable : vous ne voulez pas donner une réponse ridicule dans votre domaine d’expertise (erreur de débutant : on est déjà assez ridicule devant un buzzer, une fausse réponse ne vous rendra pas plus ridicule). Mais voilà, pendant que vous réfléchissez à tous ces beaux théorèmes, vos quatre adversaires buzzent chacun leur tour sans réfléchir pour dire : Pythagore, Thalès, Gauss et Pasolini. Bien sûr, la bonne réponse se trouve là dedans, vous vous faites doubler sur votre terrain, un spécialiste en bricolage-jardinage-collection-de-boite-à-camembert marque le point. Quel idiot celui-là. Mais le jour de votre revanche viendra, vous marquerez un jour en beuglant « Louis de Funès », parce que c’est le seul acteur que vous connaissez…

La prime à l’ignorance s’observe de manière aiguë si vous essayez de faire jouer des enfants que vous connaissez bien, les vôtres par exemple. Pour ne pas les dégouter du jeu, vous ne posez que des questions dont vous êtes sûr que tous les enfants soient au moins en mesure de comprendre la réponse. Invariablement, c’est l’enfant le plus jeune (et donc le plus « ignorant ») qui gagne, car c’est lui qui a l’espace de connaissances le plus petit à explorer, et comme vous vous arrangez pour que la réponse y soit, la prime à l’ignorance tourne à plein. Sauf si l’aîné joue « stratégique », et commence à entrer dans la psychologie de celui qui pose les questions… Enfin rassurez-vous : une ignorance réellement encyclopédique ne sert pas à grand chose (à QPUC du moins).

Pas facile de trouver une chanson sur l’ignorance… Jean Gabin, Maintenant je sais.

Et puis un petit jeu avec prime à l’ignorance, La famille en plomb, des Inconnus :

 

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Chance et Malchance à QPUC

Questions pour un champion 4/6
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Au 4 à la suite, on vous propose le thème « chanson française ». Quelle chance, vous êtes justement lecteur d’un blog sur la chanson, vous vous y connaissez drôlement. Vous connaissez peut-être tout Brassens, tout Brel, ou alors la variété des années 1970 ? Il faut choisir ce questionnaire, vos adversaires vont pleurer leur buzzer…

Mais voilà, le concepteur du questionnaire lui aimait surtout Karen Cheryl, Jeanne Mas et François Valéry…  Et s’il y a une question sur Georges Brassens, on vous demande le prénom de son grand-père, quel jour de la semaine il est né, combien de fois le prénom « Jeanne » est cité dans ses chansons, ou n’importe quelle information idiote ignorée des meilleurs experts. Pas de bol : vous faites un lamentable zéro.

C’est là qu’il ne faut pas s’énerver ou perdre le moral, c’est la très dure loi du jeu, si vous n’aimez pas ça, il faut jouer à Des Chiffres et des Lettres. Surtout ne pas pester contre les  concepteurs de questionnaires, ce serait inélégant. Mais patience, votre heure viendra : un autre jour, au Face-à-Face, une longue question commence par « Chanson qui se termine par une sonnerie de réveil… », et là, c’est le moment de buzzer pour un petit moment de gloire (et 4 points, mais évidemment, c’est tout à fait secondaire). Ta Katie t’a quitté, Boby Lapointe.

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Comment progresser à QPUC ?

Questions pour un champion 3/6
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Voilà, on est au déjà au troisième post de la série QPUC, vous vous êtes sûrement précipité au club le proche de chez vous tant cela vous a passionné. Et vous vous demandez déjà comment progresser…

Tout d’abord, une mauvaise nouvelle : comme en bien des domaines, la marge de progression à QPUC est limitée. Un travail acharné pourra changer un sujet doué en quelqu’un de vraiment très fort, mais il y a une tournure d’esprit propre à QPUC qu’il est difficile d’acquérir.  Et ce d’autant que QPUC est un jeu assez pauvre, il n’y a pas 500 méthodes, pas de talent original à faire valoir, de voie parallèle, etc. La chance peut intervenir pour une question, mais le nombre de questions posées lors d’une partie est suffisamment grand pour la statistique accomplisse son œuvre d’abrasion et compense quelques coups de chance par quelques coups de malchance.

Stagner est d’autant plus pénible à QPUC qu’on ne peut pas cacher sa nullité, on est en quelque sorte « à poil » (en plus, à la différence de bien des jeux de société, QPUC est aussi un spectacle). La pratique vous aidera à buzzer plus vite, augmentera (marginalement) votre stock de connaissances, affinera vos stratégies, et vous aidera éventuellement à vaincre votre timidité. Après des progrès rapides dus au dégrossissement de ses défauts de débutant, on stagne vite. À moins de réellement travailler d’arrache-pied, ce que font certains.

En club, vous ferez face à des hypermnésiques, survivances de plans d’organisation anciens des cerveaux humains dont les scientifiques commencent seulement à entrevoir l’existence, datant d’on ne sait quand : d’avant l’imprimerie sûrement, d’avant l’écriture peut-être, peut-être même d’avant la peinture ou la musique. Ils se rappellent des trucs qu’ils ont entendu une fois, ils se rappellent où, ils se rappellent quand, ils se rappellent pourquoi ils s’en rappellent. Surtout, ils se rappellent qu’ils s’en rappellent. Bien des retraités en quête d’une activité pour le samedi après-midi en font les frais, qui n’ont jamais pu gagner une partie après des années de club, sauf miraculeusement, quand « les forts ne sont pas là » (expression entendue).

Alors, comment quand même progresser ? Le seul conseil original que je peux donner, c’est d’augmenter la connectivité de vos connaissances. Si vous apprenez une liste de dates par exemple, vous pouvez la mémoriser quelques jours au mieux, et une fois devant le buzzer, peu de chance qu’elle vous soit d’une quelconque utilité. Par exemple, vous apprenez par cœur que la RATP a supprimé la première classe du métro en 1991. Très peu de chance que ça serve, si cinq ans après on vous pose la question, ce qui serait déjà miraculeux, vous ne vous en rappellerez plus. L’investissement est nul.

Si par contre, en 1991, dans un avion qui vous amène pour la première fois dans le pays de vos ancêtres, par exemple la Pologne, vous avez lu cette information dans Libération, qu’elle vous a rappelé votre grand-tante qui achetait toujours des billets de métro de première classe, il y a une chance que la date vous revienne en moins d’une seconde. Si la grand-tante était polonaise, c’est encore mieux. Notez que la paire d’information (1ère classe <-> 1991) est reliée par plusieurs chemins différents dans votre esprit, c’est cela qu’on appelle la connectivité. Si un bout de la mémoire s’efface, un autre bout vous conduit à la réponse : un réseau de grande connectivité est plus robuste aux pannes, tous les théoriciens des graphes vous le diront. Il y a même des chances que revisiter un morceau actif de la mémoire réveille des zones voisines à moitié oubliées : une mémoire bien connectée s’auto-entretient.

Donc, apprendre une liste est inutile, à moins que vous ne puissiez y faire appel souvent (par exemple, les numéros des départements qu’on voit tous les jours sur les voitures), ou qu’elle ne vous serve de colonne vertébrale pour ajouter de la connectivité à d’autres connaissances (par exemple, les rois de France peuvent servir de repère chronologique pour d’autres choses). À propos, dans la série sur le rythme ici, je vous disais qu’il fallait absolument savoir qu’Anne de Bretagne, jouée par Micheline Dax (membre de la troupe les Branquignols) était la seule reine de France à l’avoir été deux fois (comme femme de Charles VIII (l’affable) puis de Louis XII (le père du peuple)), les deux premiers rois de la Renaissance (des Valois). Figurez-vous que Tri Yann a fait une chanson là-dessus, et qu’à leurs concerts ils aiment bien rappeler ça (pas le coup des Branquignols, mais qu’elle a été reine deux fois). Allez, rappelez-vous tout ça, c’est un labyrinthe très bien connecté, ça vous servira un jour au 4 à la Suite dans les quatre ou cinq ans qui viennent, promis… Si mort a mors de Tri Yann :

Et au fait, il faut se méfier du coaching et de l’hypermotivation, voyez plutôt. Et puis regardez vers 2:40, je suis sûr que vous avez la réponse (je vous jure, le coup n’était pas prémédité…). Si Bastien avait suivi le blog, il serait peut-être allé en finale.

 

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De la stratégie à QPUC

Questions pour un champion 2/6
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On continue d’explorer des aspects méconnus du jeu QPUC (Questions Pour Un Champion). Réfutons l’idée reçue voulant que le bon joueur de QPUC ne soit qu’un stupide stock de connaissances. Certes, le stock est nécessaire, mais bien d’autres qualités font la différence : rapidité, présence d’esprit, concentration, mental.  Et stratégie. Car oui, même dans un jeu aussi simple que QPUC il y a de la stratégie. Quel questionnaire choisir ? Celui où l’on est fort, ou celui où l’adversaire est fort (afin qu’il ne puisse pas le choisir pour lui-même) ? Quand on hésite entre deux réponses, vaut-il mieux donner l’une des deux au hasard ou attendre d’être sûr, au risque de voir l’adversaire buzzer ? Il faut parfois se décider en une fraction de seconde, et la meilleure stratégie dépend beaucoup des adversaires en présence : contre des forts, il faut tenter le tout pour le tout, contre des moins forts, il vaut mieux assurer évidemment. Mieux vaut se mettre dans le bon état d’esprit à l’avance, parce qu’on ne change pas de stratégie en moins d’une seconde sans entrainement. D’où l’importance de la pratique pour apprendre à reconnaître les différents styles de jeu et à s’y adapter.

Et ça paye. Je me souviens d’un joueur sans gros point fort, à part une connaissance approfondie de toutes les daubes qui passent à la télé depuis 40 ans, qui tenait la dragée haute aux cadors les plus costauds de son club  (c’est-à-dire qui connaissent leurs sous-préfectures et les dates de naissance de tous les rois de France, et puis les cantons de Suisse, les outils de jardinage, et bien sûr comment on appelle les collectionneurs de boites de camembert, etc). Il parvenait à battre les meilleurs de temps en temps, juste par sa vivacité d’esprit et par des stratégies innovantes : exaspérer tout le monde en répondant n’importe quoi, monter les uns contre les autres ou tenter de donner deux réponses en prononçant de manière ambigüe. Il trichait carrément à l’occasion, c’est très compliqué, il en était tellement fier qu’il s’arrangeait pour se faire prendre, ce qui ajoutait à sa réputation sulfureuse et le faisait craindre. Mais ça n’est pas un exemple à suivre évidemment.

Je recommande plutôt une authentique stratégie. C’est le premier truc qu’on apprend en club, si on n’en passe pas par là, inutile d’espérer progresser, c’est la base de tout. Cela consiste à buzzer avant d’avoir la réponse, ce qui laisse le temps de réfléchir un peu sans que les autres puissent buzzer (on peut même rêver que le lecteur de questions continue à donner des infos pendant qu’on a la main, ce qui lui est interdit normalement). Contre de bons joueurs de clubs, il est presque impossible de survivre au 9 points gagnant sans en passer par là. J’ai par exemple été témoin de la scène suivante :

« Question : Quel pays a pour hymn… BUZZ
Réponse : La Belgique ! »

C’était la bonne réponse. J’ai aussi vu :

« Question : Au Canada, comment appelle-t-on les… BUZZ,
Réponse : Les provinces ! »

Ce genre de coups est plus fréquent qu’on ne croit car on finit par connaître les manies des concepteurs de questionnaires, et on ne reste jamais éternellement malchanceux. Au fait, l’hymne national de la Belgique, c’est La Brabançonne. Une fois que vous l’aurez écouté, vous vous en rappellerez pour toujours, la prochaine fois, c’est vous qui marquerez le point, patience.

Mais attention, méfiance avec les hymnes.  « Le roi, la loi, la liberté » n’est  pas plus la devise de la Belgique que le « qu’un sang impur abreuve nos sillons » n’est celle de la France. Le devise de la Belgique, c’est « L’union fait la force », essayez de vous en rappeler, ça peut toujours servir au Face-à-Face

Sinon, une autre stratégie à QPUC consiste à toujours donner la même réponse en attendant que la question lui corresponde. Ça marche… des fois.

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Julien Lepers

Questions pour un champion 1/6
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Noël c’est kitch, c’est indigeste. Le Jardin aux Chansons qui Bifurquent vous propose pour les fêtes un thème aussi bourratif qu’une dinde aux marrons mélangée à de la bûche glacée : Questions Pour Un Champion, abrégé en QPUC. C’est étonnant tout ce qu’on peut en dire (et encore, je me suis réfréné). Le plus compliqué, c’est de trouver des chansons illustratives, mais j’ai fait un gros effort. Bon, c’est les vacances, il y aura surtout du texte, bonne lecture et courage à tous.

Avant de décrire tous les aspects de ce jeu passionnant, demandons-nous d’abord qui sont les joueurs de QPUC. Le jeu télé n’en donne qu’une idée faussée : les candidats sont choisis on ne sait pas comment, ils sont stressés, etc. Si réellement assoiffé de buzzer ou simplement curieux, vous souhaitez savoir qui sont les authentiques joueurs, je vous conseille la fréquentation assidue d’un club QPUC. Toutes les grandes villes de France en ont, et même certaines petites. Typiquement, un club se réunit quelques fois par semaine, surtout pour jouer.  N’espérez pas y rencontrer des fans de Julien Lepers s’échangeant des photos dédicacées, il y en a beaucoup moins qu’on ne le suppose. Vous découvrirez de nombreux joueurs, et parmi eux d’authentiques champions qui vous laisseront perplexes. Parfois anciens cancres, de toute origine sociale, plus rarement profs ou intellectuels professionnels qu’on pourrait le croire. Leurs capacités hors norme sur ce segment étroit de la compétence ne leur furent que de peu d’utilité à l’école semble-t-il.

Vous vous demanderez d’où vient leur stock de connaissances qui semble affleurer en permanence… Certains membres du club vous aideront dans cette quête en détaillant les circonstances où ils ont appris chacune de leurs nombreuses réponses, ce qui dessine leur vie comme en creux. Malheureusement, ce fatras désorganisé d’anecdotes ralentit le jeu, finit par fatiguer même les plus indulgents, et on les fait taire, ce qui laisse cette ébauche dans un état permanent d’inachèvement.

Mais la population typique d’un club ne se compose à peu près que d’un tiers de ces passionnés vraiment doués pour le jeu. Il y a un gros tiers de retraités qui cherchent une activité intelligente et conviviale pour passer le temps agréablement, et un petit tiers plus indéterminé : des qui croient venir se cultiver ; des qui aimeraient bien que le président du club les laisse gérer ci ou ça ; des masochistes qui flattent leur modestie dans des séries obscures de défaites ; voire même des pique-assiettes si le club fournit des boîtes de biscuits. Pas de dragueurs, c’est vraiment le pire endroit possible pour ça. Les couples de champions sont extrêmement rares du reste.

Ouh la, je bavarde je bavarde, il faut une chanson. Savez-vous que Julien Lepers fut chanteur avant de présenter QPUC ? Il a même écrit quelques chansons pour Herbert Léonard.

 

Mais c’est bien en présentant QPUC qu’il a donné le meilleur de lui-même !

 

Et au fait, c’est la panique en ce 24 décembre : il faut acheter des cadeaux pour ce soir … Une petite idée : si vous êtes vraiment coincé, offrez donc un abonnement au blog comme cadeau. En plus, c’est gratuit.

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Thiéfaine et le nombre

Quel est le plus grand nombre (dans une chanson) ? (6ter/6)
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Pierre C., internaute de Paris me signale une chanson d’Hubert-Félix Thiéfaine que j’ai oubliée dans le best-of du dernier post. Effectivement, Thiéfaine est une grande source de nombres, rien qu’à voir les titres de quelques unes de ses chansons : L’Ascenseur de 22h43, 22 mai ,113e cigarette sans dormir, Un vendredi 13 à 5.H, Chambre 2023 (& des poussières), Diogène série 87, 542 lunes et 7 jours environ, Portrait de femme en 1922, Série de 7 rêves en crash position, 24 Heures dans la nuit d’un faune, Critique du chapitre 3 , Orphée nonante huit, 27e heure : suite faunesque, Eurydice nonante sept, Exercice de simple provocation avec 33 fois le mot coupable, Le Touquet Juillet 1925, Guichet 102, Télégramme 2003, Strindberg 2007, Trois poèmes pour Annabel Lee, Compartiment C voiture 293 Edward Hopper 1938, Résilience zéro, Narcisse 81, Groupie 89 turbo 6, Alligator 427. Et son treizième album s’appelle Défloration 13. Mais on cherche toujours une chanson avec le nombre 19 …

La chanson choisie par Pierre C. : La vierge au Dodge 51, particulièrement riche en nombres !

N’oubliez pas, demain, c’est Julien Lepers !!

 

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Vos grands nombres

Quel est le plus grand nombre (dans une chanson) ? (6bis/6)
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Comme promis, un petit florilège des nombreuses propositions de chansons citant des grands nombres (merci à tous … le post est exceptionnellement long du coup). Vous avez été plusieurs à me suggérer Et moi, et moi, et moi de Jacques Dutronc, mais seule So Raya me l’a proposée sur Facebook avec le bon nombre : 500 milliards (de petits martiens) !  C’est toutefois très loin du compte, et même mes 1000 milliards du post précédent sont bien petits. Car la vainqueur (ou vainqueuse ? ou vainqueure ?) est NP, internaute de Lyon 6è, qui a déniché une chanson sur un nombre vraiment gigantesque, le Gogolplex ! Par bonheur, tout est expliqué dans la chanson, Googolplex de Jack Pearson (voir ici pour plus d’infos).

 

Dans un commentaire, Alain Berjon écrit « revenons aux sources, et à Tonton Georges qui avait pris date dans la durée, fusse pour chasser le papillon : « Des milliards de fois, et mêm’ davantage ». » En effet, des milliards, c’est beaucoup, et davantage, c’est encore plus ! La chasse aux papillons, de Georges Brassens, chantée par Christine Lebail.

Sur Facebook, Vincent propose carrément une chanson évoquant l’infini : Capitaine Flam, générique d’un dessin animé du début des années 1980, aussi proposé par Nicolas B. quelques jours plus tard. Les paroles sont de Roger Dumas, qui a écrit plus de 80 chansons pour Chantal Goya ! Musique de Jean-Jacques Debout, époux de cette dernière. La chanson évoque aussi le nombre cent mille millions, ce qui se dit cent milliards en bon français, beaucoup moins que le nombre de martiens selon Jacques Dutronc. Si l’on en croit les paroles, Capitaine Flam descend « d’aussi loin que l’infini »… Bien y réfléchir : il est assez simple d’aller vers l’infini, il suffit de se mettre en route et puis d’être très, très patient. Mais venir de l’infini, ou a fortiori en descendre, comme faire ? Très fort Capitaine Flam.

 

Acaber, abonné au blog, nous propose une chanson de Guy Béart, Années Lumière. J’ignorais que Guy Béart eût abordé la science fiction dans ses chansons, intéressant. Ça donne envie de revoir les dessins animés de René Laloux (La planète sauvage ou Les Maîtres du Temps).

 

Découverte toujours, avec Pierre A, internaute de Bruxelles, qui nous propose L’homme fossile, paroles et musique de Pierre Tisserand, chantée par Serge Reggiani (qui arrive dans le blog au 215è post seulement, honte à moi…).

Sur le site de l’INA, ici.

Enfin, Alain, de Montreuil, nous propose  sur Facebook un bon vieux Johnny, 24000 baisers, pas moins. Je vous propose plutôt la version de Dalida pour changer un peu.

 

Dans la catégorie « calembour », la palme revient à Nadia, internaute de Meylan, qui nous propose Le petit vingt blanc. Pas de chance, il est petit justement. Elle nous propose aussi « jamais 203 » sans citer de chanson. Effectivement, il est très difficile de trouver une chanson citant le nombre 203… Tentez votre chance avec la bande originale du film Bollywood Victoria No. 203, mais il vaut mieux comprendre le Hindi. Attention, la vidéo dure 2 heures et 44 minutes.

 

Et vous pouvez regretter que Jacques Brel et son compositeur-arrangeur  François Rauber n’aient pas écrit de chanson sur la Peugeot 203 dans laquelle ils sillonnèrent la France de concert en concert (info piochée dans l’excellent Dictionnaire amoureux de la chanson française de Bertrand Dicale, à l’article Jacques Brel). Mais pourquoi se focaliser sur 203 ? Parce que s’il n’y en a jamais 2 sans 3, et bien il n’y en a peut-être jamais 4 sans 9 ?  Comme disaient les Beach Boys dans 409.

 

Dans la catégorie nombres exotiques, la récolte est bien maigre. Nadia encore se demande comment classer Quatre-vingt-quinze pour cent de Georges Brassens. Cela compte-t-il pour 95 ? Pour 100 ? Ou pour 0.95 ? Je penche pour cette dernière hypothèse, qui nous fournit le seul nombre non-entier de la série… Elle nous dit encore dans son commentaire que cette chanson ne plaît pas aux hommes. Et bien à moi, elle me plaît beaucoup, déduisez-en ce que vous voulez. Une jolie version par les 2moiZelles.

 

L’un des premiers suiveurs du blog, monsieur GA, internaute d’on ne sait plus très bien où, et dont on est très content d’avoir des nouvelles, nous propose en vrac le générique des Tortues Ninja (pour le nombre 4), et puis Albert le 5è Mousquetaire (pour le nombre 5). Je les passerai une autre fois, on a déjà eu Capitaine Flam… Aller GA, encore un effort : pour la prochaine fois, tous les nombres de 1 à 100 !

Pour finir, je vous demandais une chanson citant un nombre négatif, personne n’a trouvé. On en a pourtant déjà vu une dans le blog, c’est André de Sanseverino, déjà passée dans la série sur les roms, ici. Il faut suivre plus attentivement !

Demain, ça repart fort avec une série très spéciale pour passer les fêtes dans une ambiance famille+télé tout à fait typique de Noël (en compagnie de Julien Lepers bien sûr).

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Mille milliards

Quel est le plus grand nombre (dans une chanson) ? (6/6)
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Demain, il y aura un post consacré aux très nombreuses propositions de chanson que j’ai reçues. En attendant, voilà ce que j’ai trouvé de plus grand : mille milliards. Dans une chanson composée pour le film Louise Michel. Gaëtan Roussel, plus connu comme chanteur de Louise Attaque, a composé la bande originale du film, dont la chanson  Mille milliards de dollars.

Sinon, j’ai demandé une chanson avec des nombres négatifs, et personne n’a trouvé, alors que la solution a déjà été donné dans le blog (indice : c’est dans la série sur les Roms, ici). Et puis, vous pouvez vous amuser à chercher des nombres rationnels, irrationnels, algébrique, transcendants, complexes, transfinis… Envoyez-moi votre récolte, et on fera une série là-dessus plus tard.

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Et moi ?

Quel est le plus grand nombre (dans une chanson) ? (5/6)
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On cherche toujours le plus grand nombre cité dans une chanson (merci pour vos nombreuses propositions, je ferai le best-of bientôt). Grâce à Sardou, on a repoussé bien des limites en dépassant le milliard. Qui dit mieux ? Dutronc : cinq cents milliards ! Dans les commentaires ou sur Facebook, vous avez été plusieurs à penser à cette chanson, mais beaucoup moins nombreux à citer le bon nombre !  Et moi, et moi et moi, paroles de Jacques Lanzmann, musique de Jacques Dutronc.

 

Mais ce n’est pas fini, il y a encore mieux dans le prochain post ! En attendant, je vous donne une petite astuce pour gagner le concours du plus grand nombre : il suffit de trouver une chanson avec le mot « google » dedans, ça ne doit pas être trop difficile vu l’époque. Il est ensuite possible d’arguer que le mot chanté est en fait « googol », qui désigne le nombre écrit en mettant une liste de 100 zéros après un « 1 », 10 à la puissance 100 si vous préférez. Ce nombre a été popularisé par le mathématicien Edward Kasner dans les années 1940, et le nom du célèbre moteur de recherche en provient directement (moyennant une petite faute d’orthographe accidentelle). C’est donc tout à fait défendable, mais le tribunal arbitral du blog considère dans sa sagesse que c’est de la triche (même si une solution valable dans ce style a été trouvée… on voit ça à la fin de la série).

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Sardou met la barre très haut

Quel est le plus grand nombre (dans une chanson) ? (4/6)
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On est généralement très injuste avec Michel Sardou, en le ramenant toujours à Je Suis Pour ou à Ils ont le pétrole. Car en toute impartialité, il a chanté des chansons encore pire !
6 milliards 900 millions 980 mille.

 

Donc, on en est à 6 900 980 000 pour ce qui est du plus grand nombre cité dans une chanson. Est-ce que vous trouverez mieux ? Vous noterez que la population mondiale en l’an 2000 telle qu’estimée par Sardou est assez sur-évaluée (d’après wikipedia, elle était seulement de 6 126 622 000). Je pense que Pierre Delanoë, qui a évidemment trempé de ce mauvais coup en co-écrivant les paroles avec Sardou, s’est basé sur d’authentiques projections démographiques de l’époque (1978). Prévisions qui se sont donc avérées un peu fausses.

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