La solution (de l’enigme) n’est pas soluble (dans l’alcool)

L’énigme HM – 5/5
1 – 2 – 3 – 45

Voilà l’heure tant attendue de la solution. Le point commun entre les trois chansons, c’était les trois premières notes de la mélodie (d’où l’indice dans le titre de la chanson de Cora Vaucaire). À une transposition près, il s’agit des notes la-do-mi. Concrètement, si vous chantonnez l’une de ces trois chansons, sur les trois première syllabes des paroles, c’est exactement la même mélodie. Pour information, l’enchainement la-do-mi est ce qu’on appelle en solfège un arpège mineur, d’où le titre de l’énigme (et oui, je croyais que ça s’écrivait Harpère Mineur quand j’ai commencé l’énigme, après il était trop tard pour changer le titre).

Ces chansons appartiennent donc à ce que les professeurs de solfège appellent des schémas de mémorisation : des listes de chansons commençant par tel ou tel groupe de notes important à mémoriser ou à reconnaître. Essayez d’en trouver d’autres sur la-do-mi pour voir, ça n’est pas si facile. Dans toute l’œuvre de Brassens, je n’en ai trouvée qu’une seule autre : Celui qui a mal tourné.  Notez que Embrasse les tous commence par l’arpège mineur, mais à l’envers : mi-do-la. On écoutera tout ça une autre fois. C’est une belle coïncidence que dans les commentaires de GA aient été évoqué Les Simpsons. Le générique de ce dessin animé est en effet connu pour ses deux premières notes qui forment ce qu’on appelle un intervalle de triton (do-fa dièse), phénomène extrêmement rare au début d’une chanson (c’est le seul exemple à ma connaissance).  Les Simpsons figurent à ce titre dans la plupart des schémas de mémorisation d’intervalles.

Sauriez-vous trouver des chansons qui commencent sur un arpège majeur ? Sans habitude du solfège, ça n’est pas simple : vous pouvez taper do-mi-sol sur un piano, et voir si ça vous rappelle le début quelque chose. Dans les œuvres complètes de Brassens parues au Seuil, j’ai trouvé huit chansons démarrant sur l’arpège majeur, et les vrais mordus de solfège seront ravis d’apprendre que l’une d’entre elle commence sur l’arpège de l’accord de 7è dominante… On voit ça dans deux jours.


Vous dirai-je que j’ai voulu mettre une autre interprétation de Saturne (que j’aime beaucoup) pour commencer ?  Mais ça aurait ruiné l’énigme. L’interprétation de Philippe Léotard aplatit complètement les trois premières notes : plus de la-do-mi, plus d’énigme. Maintenant que tout est révélé, place à Philippe Léotard (et Saturne devient une sorte d’hymne de ce blog).

Cette énigme vous a plu ? On en reparle ici :
La première énigme

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Saturne (version originale) et l’énigme HM

L’énigme HM – 1 / 5
1 – 2 – 3 – 45

On démarre une énigme. Les trois posts qui viennent vont présenter trois chansons sans lien apparent. Il s’agira de deviner la relation secrète qui les unit. Il est bien sûr quasiment impossible de deviner avec une seule chanson…

La première chanson est déjà apparue dans ce blog (c’est la première fois qu’apparaît la deuxième fois si vous me suivez).  Saturne de Georges Brassens.

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Incroyable mais … vrai !

Incroyable mais vrai – 1/6

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Après plusieurs jours de Bach et de célébrations, vous voilà tous lassés : où sont les chansons et les thèmes ? Et les énigmes ? Pour me rattraper, je vous propose aujourd’hui une super-énigme, avec plein de chansons à la clef. Il s’agit de marier un chanteur avec une chanson complètement contre-nature, et qu’il a pourtant chanté. Par exemple, ce mécréant de Brassens défendant la messe en latin (vous savez tous que ça existe, c’était juste un exemple pour saisir l’idée, et puisqu’on en parle, c’est la chanson du jour).

Tempête dans un bénitier est très difficile à trouver sur youtube. Cliquer sur le lien ci-dessous, vous la trouverez sur le site de l’INA, qui propose plein de vidéo sur Brassens.

http://www.ina.fr/video/CAB7601175101

Notez qu’un enjambement osé produit une rime qui ne l’est pas moins :

« O très sainte Marie mère de
Dieu dites à ces putains
De moines qu’ils nous emmerdent,
Sans le latin »

Pour en savoir plus sur les enjambements et Brassens, allez donc chez les amis de Crapauds et Rossignols, c’est ici. Mais voilà la devinette : il y a cinq chanteurs, et cinq chansons données sous forme d’un résumé sibyllin. Il faut retrouver qui chante quoi.

Les chanteurs (par ordre alphabétique) :
a. Didier Bourdon
b. Carlos
c. Bob Marley
d. Michel Sardou
e. Charles Trenet

Les chansons (par ordre de longueur du résumé) :
1. Une chanson qui défend Lénine
2. Une chanson ouvertement antisémite
3. Une chanson qui fait la promotion de l’industrie nucléaire
4. Une chanson qui demande que tous les immigrés chinois rentrent dans leur pays
5. Une chanson pour enfants qui fait (presque) explicitement la promotion du tourisme sexuel

Alors qui chante quoi ?

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Merci !

Merci ! 

Avant de démarrer une nouvelle série, je voulais dire un grand merci à ceux qui suivent ce blog, par exemple à « écureuil avisé », une internaute de Paris 10è pour son gentil commentaire sur Michèle Bernard. Je réponds à quelques questions parues dans les commentaires ou adressées directement.

À propos de l’adresse de ce blog

Un internaute anonyme demande pourquoi j’ai changé l’adresse du blog. Tout simplement parce qu’au départ je n’avais pas de nom valable pour ce blog. « Chanson du jour », c’était un peu nul, et déjà pris en plus. J’ai pensé à « Jardin aux chansons qui bifurquent », et j’ai voulu que l’URL soit conforme au nom du blog. Désolé pour les inconvénients occasionnés, c’est la dernière fois. 

À propos de l’École Normale Supérieure de Fontenay

Merci à NP, internaute de Lyon 6è de me signaler que, selon sa maman, la chanson de Maxime Le Forestier, Fontenay aux Roses, ne peut pas concerner l’École Normale Supérieure, aux motif que le texte ne colle pas à la réalité de l’École. Par exemple, les normaliennes n’avançaient pas en rang par deux. C’est oublier que les chansons sont parfois plus affaire de fantasmes que d’exactitude… Mais il est difficile de mener une enquête sérieuse sur cette affaire. Je tenais l’information de longue date et de je ne sais où : tout le monde sait bien que Maxime parle de l’ENS. La page wikipedia de la chanson est formelle sur ce point, mais ne cite aucune source :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fontenay-aux-Roses_%28chanson%29

Il pourrait bien s’agir d’une légende urbaine, ou plutôt peri-urbaine en l’espèce. Si quelqu’un détient une information étayée, merci d’en faire état (dans les commentaires tant qu’à faire, que tout le monde en profite).

À propos de Gainsbourg et de l’École Polytechnique

Merci à Henri, internaute de Paris 10è, pour son commentaire sur ma page facebook. J’ai dit plus haut que la chanson était plus affaire de fantasme que d’exactitude, mais je me demande si avec Gainsbourg, ça n’est pas le contraire, lui qui disait que la connerie est la décontraction de l’intelligence…   Nous parlons de Qui est « in » qui est « out », la chanson de Gainsbourg qui fait prétendument allusion à l’École Polytechnique (également appelée « X »). Voici le commentaire d’Henri :

« Non, Nicolas, « la botte » ça n’a rien à voir avec l’X, mais bien avec une relation sexuelle, dans un argot archaïque aujourd’hui : on entendait l’expression : proposer la botte à une dame… Et c’est davantage dans l’esprit de Gainsbourg auquel Polytechnique était assez étranger… »

Mouais… Revenons à la chanson. Le refrain relève de ce sous-genre de la chanson qui explore sous forme de liste toutes les modalités d’une certaine situation. Gainsbourg excellait dans cet exercice qu’il abordait avec une précision discrète, comme dans Les petits papiers ou Ford Mustang. Ici, le bref catalogue énumère des situations où il faut sortir dans les premiers d’un classement ou satisfaire aux exigences d’un décompte.

« Jusqu’à neuf tu es OK, tu in, après quoi, tu es KO, tu es out. C’est idem pour la boxe, le ciné la botte et le Cash Box ». À la boxe, il est bien connu que l’arbitre compte jusqu’à dix avant de proclamer le KO du boxeur à terre.  Le Cash Box était un magazine américain qui publiait des palmarès du hit-parade. Le ciné, je ne sais pas trop ce qu’il fait là, mais c’est probablement une référence au box-office. Reste la « botte »… C’est effectivement une relation sexuelle en vieil argot (je ne savais pas), mais qu’est-ce que ça viendrait faire parmi les classements alors ?  Tandis qu’à l’X,  la botte est précisément un classement, comme expliqué dans le post ici débattu.

L’expression « sortir dans la botte », au sens de « sortir bien classé d’une école », je l’ai entendue de mes propres oreilles il y a longtemps, à propos d’un collègue de mon papa, de qui je la tiens. Si moi je l’ai entendue, pourquoi pas Gainsbourg ? Avec les grandes oreilles qu’il avait…

Pour finir, qu’importe « l’esprit de Gainsbourg » ? Le texte n’a-t-il pas son autonomie ? Aïe, me voilà en train de resservir Contre Sainte-Beuve et de refaire le coup de Sur Racine 50 ans après Roland Barthes, à un internaute de Paris qui plus est… Ne rallumons pas la Querelle de la Nouvelle Critique à front renversé et pour si peu. Merci en tout cas de me signaler que Gainsbourg s’intéressait au sexe, ça m’aidera pour la suite de ce blog.

Place à Charles Trenet !

Merci enfin à Nathalie, internaute de Lyon 7è, qui nous signale dans un commentaire que Becassine de Brassens cite une chanson de Charles Trenet. C’est notre chanson du jour : Fleur bleue. À propos, qui saurait donner un autre exemple de chanson de Trenet citée par Brassens ?

Et n’oubliez pas de revenir demain, ça repart très fort avec une énorme énigme.

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Pour ceux qui croient encore que Brassens était misogyne

Spécial Journée de la femme

C’est la journée de la femme aujourd’hui, on revient au féminisme juste pour un jour. Plusieurs d’entre vous ont aimé la chanson de Michèle Bernard Les petites filles, et plusieurs autres ont trouvé le débat sur Brassens et le sexisme un peu court… Il y a trop à dire sur sur ces deux sujets, mieux vaut tout résumer par une chanson. Saturne, paroles et musiques de Georges Brassens, chantée par Michèle Bernard.


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