La java des bombes atomiques

Les scientifiques dans la chanson 3/12
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En préparant cette série, j’ai interrogé plusieurs personnes sur leur choix de chansons en rapport avec la science. On m’a fourni quelques trouvailles, chacun sera remercié quand sa chanson passera, mais pas aujourd’hui. Car quasiment tout le monde a cité La java des bombes atomiques de Boris Vian, qui est donc première au hit parade de la chanson scientifique.

À la différence de Brassens et Trenet, Vian savait vraiment de quoi il parlait quand il évoquait la science. Il était ingénieur, diplômé de l’École centrale des arts et manufactures, plus connue sous le nom de « centrale », ou « centrale Paris ». Cette proximité avec son sujet se remarque à plusieurs indices dans la chanson. Tout d’abord, la démarche scientifique de l’oncle est assez crédible, avec essais, succès, mais surtout erreurs.  Quelques traits psychologiques qu’on rencontre chez certains scientifiques sont discrètement suggérés : tendance à raconter son travail avec une certaine véhémence (« Et le soir il rentrait chez nous / Et nous mettait en trans’ / En nous racontant tout »); mépris pour les questions jugées peu stimulantes intellectuellement (« La question du détonateur, S’résout en un quart d’heur’ / C’est de cell’s qu’on écarte »); ou engagement de toute sa personne dans ses recherches (« On voyait à son air féroce / Qu’il tombait sur un os »). Tout cela, sans recours à aucun poncif ou expression toute faite, bravo Boris.

 

Reste à savoir si la chanson donne une bonne ou une mauvaise image des scientifiques. Ce qui est sûr, c’est qu’elle dénonce une catégorie encore plus infâme : les chefs d’état. Ceux là, il faut vraiment se décarcasser pour trouver une chanson à leur gloire : Bienvenue au Président Giscard d’Estaing, par Tchibanga.

 



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Docteurs, savants et professeurs

Les scientifiques dans la chanson 2/12
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Pour continuer notre série sur la science, on passe à Charles Trenet, que Brassens admirait tant. Dans Le soleil a rendez-vous avec la lune, il donne la parole successivement à des scientifiques (« docteurs, savants et professeurs ») et à des « philosophes ». On notera qu’aux philosophes, Trenet donne une leçon, comme si chacun y était fondé, tandis que des scientifiques, il en reçoit une. Je vous laisse découvrir l’interprétation de Trenet, qui véhicule quelques poncifs un peu datés sur les scientifiques, sortes de personnages de Jules Verne desséchés et réduits à leur propre mécanique…

 



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Pan sur le bec

Les scientifiques dans la chanson 1/12
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On s’intéresse à partir d’aujourd’hui à l’image des scientifiques dans la chanson. Les fidèles du blog se rappellent notre série sur les Roms (ici), victimes de bien des préjugés dans la vraie vie, mais dont l’image dans la chanson est très positive. Avec les scientifiques, c’est tout le contraire : ils jouissent d’une bonne image (pour vous en convaincre, quand on vous demande ce que vous faites, présentez-vous comme scientifique, ou comme chercheur, vous verrez, l’accueil est très bon). Mais dans les chansons, c’est le désastre, on va en voir quelques exemples dans cette longue série de posts.  Je vous donne d’ailleurs un peu de travail : essayez donc de trouver une chanson qui donne une bonne image des scientifiques. Je me casse la tête depuis des jours, je n’ai rien trouvé (NP, de Lyon 6è, une des suiveuses les plus fidèles de ce blog m’en a dégoté une assez bizarre, je vous la présenterai dans quelques jours).

On commence par une chanson de Georges Brassens, Le grand Pan. Écoutez bien les paroles, les scientifiques y sont accusés de déicide, rien de moins (l’histoire a d’ailleurs montré que c’est un crime pour lequel on prend assez cher et où il n’y a pas de prescription, mais passons). Observons que Brassens connaissait bien mal la cosmologie de son temps : accuser la science de « frapper les cieux d’alignement » en plein siècle d’Albert Einstein, du Big Bang et de l’univers courbe, c’est assez injuste. Mais la chanson est belle, et que ne lui pardonnerait-on…

Petit avis aux exégètes de Brassens, gratteurs de guitare et autres chanteurs en herbe : dans l’édition des œuvres complètes de Brassens au Seuil, Le grand Pan est la chanson qui a la plus longue partition : allez hop, au boulot. Et puis écoutez L’Ancêtre, du même Brassens : ces scientifiques que sont les carabins en prennent pour leur grade.

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Je me souviens d’une liste

Je me souviens … 4/4
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Pour conclure cette petite série, je me souviens avoir fait une liste de chansons sur le thème de la nostalgie afin d’aider la responsable d’un atelier d’une école de musique à trouver des idées pour un spectacle. C’est d’ailleurs en concevant des listes pour cet atelier que m’est venue l’idée de ce blog. C’était assez facile, la nostalgie est le thème numéro un des chansons, devant l’amour me semble-t-il. Pour longtemps encore, car si le ressort de la nostalgie se brisait un jour, on en serait bien vite nostalgique… tandis si l’amour lui-même disparaissait, on en serait certainement plus nostalgique qu’amoureux : la nostalgie a une forme d’avantage de conformation.

Bref, la liste s’allongeait d’elle-même. Mais de peur de rater une belle chanson, j’ai quand même demandé conseil à ma petite sœur qui m’a trouvé la plus inoubliable des chansons nostalgiques. Barbara, Mon Enfance.

Avant de changer de thème, un peu de repentance aujourd’hui : c’est incroyable que Barbara n’apparaisse qu’au 113è post de ce blog (en fait on l’a vue une fois comme solution pas prévue d’une énigme au 101è post, encore un coup de ma sœur, ça ne compte pas : ici). Toutes les excuses d’un admirateur à la longue dame brune. On reparlera d’elle plus souvent.

Cette série vous a plu ? On en reparle :
Le temps où les chanteurs avaient de la voix

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Pastille de menthe

Je me souviens … 3/4
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Je me souviens que mon père chantait souvent Tu sens la menthe : « Pétronille, tu sens la menthe, la menthe, la pastille de menthe, la meeeeenthe pastillééééée, entortilléééééée, dans du papier ». J’étais persuadé qu’il s’agissait d’une ancienne publicité, d’une « réclame » comme on disait. Une bêtise qui serait passée sur la TSF, entre Signé Furax et La Famille Duraton. Qui se rappelle avoir jamais entendu parler de la Famille Duraton d’ailleurs… Dites moi, on fera un groupe facebook.

Et puis j’ai appris par hasard que Tu sens la menthe était un tube de 1906, lorsque la mère de mon père avait seulement 2 ou 3 ans. Elle lui a chanté sans doute ce qui même pour elle était une vieille chanson déjà. Peut-être même à moi, quelques fois, mais ça je ne m’en souviens pas. Tu sens la menthe, enregistrement de Dranem de 1907.

 

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Ménilmontant

Je me souviens … 2/4
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Je me souviens de l’époque où c’était Charles Aznavour qui reprenait Ménilmontant de Charles Trenet (et pas Patrick Bruel).

En fait, on peut avoir à la fois Aznavour et Bruel, on n’arrêtait pas le progrès à l’époque.

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Je me souviens "Je me souviens"

Je me souviens … 1/4
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Je me souviens que dans Je me souviens, Georges Perec a écrit : « Je me souviens de l’époque où Sacha Distel était guitariste de jazz. »

Sacha Distel s’en souvient aussi. Avec Sanseverino, Ma première guitare.

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