Sa plus belle histoire d’amour c’est nous

L’énigme A.D. 5/7
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Christelle, internaute de Villeurbanne, suggère que les initiales A.D. désignent Adolphe Danhauser, auteur du best-seller Théorie de la Musique, paru en 1872 et toujours recommandé par les professeurs de solfège. Bien essayé, mais ça n’est pas la bonne réponse.

On cherche donc toujours le lien secret unissant Boris Vian, Serge Gainsbourg, Georges Brassens, et Claude Nougaro (dans cet ordre). Ce sont tous des hommes ? Oui, mais ça n’est pas ça le lien secret, puisque la suivante, c’est Barbara,  Ma plus plus belle histoire d’amour c’est vous.

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La pluie fait des claquettes

L’énigme A.D. 4/7
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On ne peut pas dire que l’énigme inspire beaucoup, les rares tentatives de résolution buttent sur un mur… Comme je l’ai dit, on peut être très compétent et pourtant dans l’impossibilité de trouver (voilà, disons-le : l’énigme est mal foutue). Sinon, je vous avoue que je surveille de temps à autre les statistiques de fréquentation du blog, et j’ai remarqué un pic de fréquentation chaque lundi. C’est pas beau de regarder le blog au bureau …

L’indice du jour découle de ceux des jours précédents. Si la solution de l’énigme ne se cache ni dans les paroles ni dans la musique, alors ou bien elle niche dans un endroit bizarre (avez-vous contrôlé la septième lettre de l’URL de chaque lien et la racine carrée de la durée des vidéos exprimée en quart de siècles ?).  Ou bien tout simplement, le lien provient des chanteurs. D’ailleurs, c’est Claude Nougaro aujourd’hui. Vous vous souvenez  de la longue série qu’on a consacré à ses compositeurs (ici) ? Aujourd’hui, on écoute l’une des rares chansons qu’il a composée lui-même, La pluie fait des claquettes. Méfiez-vous de la liste des chansons de Nougaro sur wikipedia à propos : elle donne des compositeurs qui ne sont pas ceux indiqués sur le site de la Sacem.

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L’amandier

L’énigme A.D. 3/7
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On cherche toujours le lien secret unissant les chansons de la série. Aujourd’hui, on écoute L’amandier de Georges Brassens. La musique est assez originale si vous écoutez bien. Mais l’indice du jour, c’est que le lien entre les chansons, il ne se trouve pas dans la musique.

 

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Black Trombone

L’énigme A.D. 2/7
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Je vous rappelle qu’on cherche le lien secret unissant toutes les chansons de la série. Dans le dernier post, on écoutait Le Cinématographe de Boris Vian. Aujourd’hui, Black Trombone de Serge Gainsbourg. L’indice du jour, c’est qu’il est inutile de se casser la tête avec les paroles des chansons, elle ne vous donneront pas la solution.

 

 

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L’énigme A.D.

L’énigme A.D. 1/7
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Sur le blog aux chansons, on démarre aujourd’hui une nouvelle énigme. En tant qu’énigme, elle n’est pas vraiment passionnante : impossible à trouver pour certains, elle prendra un caractère d’évidence pour d’autres, sans que la compétence n’y soit pour rien. Pas de panique si vous ne trouvez pas donc. D’ailleurs le bonheur est de chercher, n’est-ce pas. Et allez savoir si votre fantaisie ne dénichera pas des solutions imprévues et moins tirée par les cheveux que la mienne… J’attends avec impatience vos conjectures les plus échevelées.

Rien de ludique dans cette série donc, mais beaucoup de très belles chansons partageant un lien secret qu’il faut deviner. Chaque jour, je donnerai un petit indice, surtout destiné à éliminer de fausses pistes. L’indice d’aujourd’hui :  l’ordre dans lequel sont données les chansons ne doit rien au hasard. Le cinématographe, Boris Vian. Pour une fois la vidéo, apparemment conçue par une classe pour youtube, n’est pas mal du tout.

 

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Je suis snob

Nougaro et ses compositeurs 2/15
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Le dernier post était consacré à une chanson de Nougaro composée par Jimmy Walter. Conformément à la logique implacable de cette série, je vous donne maintenant une autre composition du même Jimmy Walter (sans Nougaro). Je suis snob, Boris Vian.

Vous pouvez regarder sur le site de l’INA une interprétation un peu ratée de Serge Gainsbourg qui lit ses paroles sur un gros papier ! ici.

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Richard Feynman

Les scientifiques dans la chanson 10/12
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Ça y est, c’est le 10è post de la série sur les scientifiques dans la chanson, c’est la plus longue série de ce blog. Un petit mot d’explication : c’est l’été. Ou bien vous êtes en vacances et vous ne lisez pas, ou bien vous êtes en vacances, et vous avez du temps pour lire. Dans les deux cas, cet alourdissement ne nuira pas : je n’hésite pas à être un plus verbeux que d’habitude. Aujourd’hui, ça vole très haut.

Dans le dernier post, on a évoqué plusieurs chanteurs français « scientifiques ». Mais aucun d’eux n’était réellement un scientifique professionnel. Ils ont étudié les sciences et se sont consacrés à d’autres choses ensuite. On peut supposer qu’un homme aussi créatif et intelligent que Boris Vian serait devenu un grand scientifique s’il l’avait voulu, mais cela ne restera qu’une hypothèse. Et allez savoir si Bernard Menez ne recèle pas dans le secret de son âme les qualités d’un grand mathématicien…

Aujourd’hui, on s’intéresse à un véritable scientifique, de très haut niveau, qui était musicien amateur. Les exemples sont très très nombreux chez ces anciens bons élèves, beaux esprits, surdoués, portés sur l’abstraction, durs à la besogne, souvent élevés dans de bonnes familles et ayant étudié la musique au conservatoire (allez donc voir par exemple le parcours de l’impressionnant Karol Beffa, qui après des études brillantes a finalement opté pour la musique, ici). Le cas que j’ai choisi pour cette série est d’une autre nature : Richard Feynman, prix Nobel de physique 1965 et joueur de bongo réputé (sa page wikipedia le qualifie prudemment de joueur « enthousiaste » pour ne pas se prononcer sur son niveau de jeu). Il a appris le bongo sur le tard, ça n’est pas vraiment de la chanson, mais disons de la musique populaire et sans prétention. Je trouve que ça jette un éclairage intéressant sur son parcours et son style, disons très détendu, libre et pour tout dire « américain ».

Richard Feynman est probablement le meilleur exemple de ces chercheurs en physique quantique de la troisième génération. La première génération, celle de Max Planck et Albert Einstein, a posé les principes de cette science nouvelle, sans trop y croire, comme un formalisme mathématique décrivant une réalité qui ne serait comprise que plus tard, d’une autre manière. La deuxième génération, celles des Niels Bohr, Werner Heisenberg, Erwin Schrödinger, ou Paul Dirac, a compris que la théorie quantique décrivait vraiment le monde physique, et constituait de ce fait une nouvelle étape, totalement imprévue, de la révolution copernicienne : après que la Terre fut éjectée hors du centre du monde, puis que Darwin eut éjecté l’homme du centre de la Création, les notions naïves de temps, d’espace et de matière se trouvaient éjectées au delà de toute possibilité de compréhension intuitive humaine. Cela n’allait pas sans difficultés philosophiques, une bonne lecture pour vous en faire une idée : ici.

La troisième génération, celle de Feynman donc, a accepté l’héritage des pères fondateurs, et a continué a bâtir le fantastique édifice sans la moindre angoisse philosophique, sans se retourner pour des génuflexions embarrassées à Kant, Bergson, ou je ne sais qui. Richard Feynman est particulièrement  significatif de ce point de vue : ses livres de vulgarisation sont extraordinaires de clarté et de fraicheur, et ses cours publiés, qu’on trouve encore aujourd’hui, écrits dans un style très direct et totalement dépourvu de pédanterie, ont une réputation excellente. Sa biographie n’a rien de rocambolesque. Il est un pur produit de l’Amérique : fils d’émigrés juifs d’Europe de l’Est installés à New-York, étudiant brillant, puis universitaire autant passionné par la recherche que l’enseignement (il a même refusé un poste de la plus prestigieuse institution scientifique du monde, l’Institute for Advanced Studies de Princeton, au motif qu’il n’y avait pas de charge d’enseignement). Un parcours très américain donc (et à titre de comparaison entre la France et les USA, je vous conseille de lire La nature de la physique, de Feynman, et de le comparer à Le hasard et la nécessité de Jacques Monod, qui par coïncidence a reçu le prix Nobel de Physiologie et de Médecine la même année où Feynman recevait son prix de physique).

Tout la vie de Feynman semble marquée par l’hédonisme : dans son autobiographie,  Vous voulez rire, Monsieur Feynman !, il raconte ses choix scientifiques, guidés par le plaisir de la découverte ou l’étonnement. Et puis des aspects plus curieux, comme sa participation au projet Manhattan (et oui, à un moment, le voilà vraiment « fabriquant de bombes atomiques »), dont il fut peut-être le plus jeune contributeur. Le gros de son travail a consisté en l’élaboration de codes secrets pour communiquer avec sa femme en échappant à la surveillance tatillonne du contre-espionnage. L’explication détaillée de ses techniques pour draguer les hôtesses de l’air de la TWA en escale à son hôtel ne manque pas non plus de saveur.  Et bien sûr sa passion pour le bongo, voilà une petite vidéo de lui en train d’en jouer.

Ne nous quittons pas sans une vraie chanson. Ci-dessous, Bohemian Gravity!, de A Capella Science, une version scientifique de la Bohemian Rhapsody de Queen (très beau travail, merci à Nathalie et Bastien, internautes de Lyon 7è de me l’avoir signalée).  À 1min. 6s., vous verrez même au tableau ce qu’on appelle un diagramme de Feynman, vous savez tout sur lui maintenant (mais ce que je préfère, c’est la petite marionnette d’Einstein) !

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Boby Lapointe, mathématicien

Les scientifiques dans la chanson 9/12
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On a déjà noté dans cette série que Boris Vian était ingénieur. À son instar, les exemples de chanteurs scientifiques ne manquent pas : Guy Béart (ingénieur des Ponts et Chaussées), Antoine (centralien comme Boris Vian),  Nicolas Peyrac (étudiant en médecine) et même Bernard Menez (reçu au concours de l’ENSET, aujourd’hui appelée École Normale Supérieure de Cachan, et un moment prof de maths). J’en oublie sûrement. Je n’ai pas trouvé tellement de traces de leurs études dans leurs chansons.

Il n’en va pas de même avec Boby Lapointe. Son affinité avec les mathématiques a déjà été noté dans ce blog, dans la série sur la chanson oulipiste (ici). Il était mathématicien amateur dans sa jeunesse et auteur d’un mémoire sur la numération binaire.  On trouve quelques traces de cette carrière parallèle dans ses chansons : goût immodéré pour ces constructions formelles que sont les calembours, art de tirer toutes les conséquences logiques d’une idée, aussi absurde soit-elle, et parfois même, une curieuse manière de procéder axiomatiquement, comme par exemple en posant que « uhuhuh » est un « refrain ». Le saucisson de cheval. 

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La java des bombes atomiques

Les scientifiques dans la chanson 3/12
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En préparant cette série, j’ai interrogé plusieurs personnes sur leur choix de chansons en rapport avec la science. On m’a fourni quelques trouvailles, chacun sera remercié quand sa chanson passera, mais pas aujourd’hui. Car quasiment tout le monde a cité La java des bombes atomiques de Boris Vian, qui est donc première au hit parade de la chanson scientifique.

À la différence de Brassens et Trenet, Vian savait vraiment de quoi il parlait quand il évoquait la science. Il était ingénieur, diplômé de l’École centrale des arts et manufactures, plus connue sous le nom de « centrale », ou « centrale Paris ». Cette proximité avec son sujet se remarque à plusieurs indices dans la chanson. Tout d’abord, la démarche scientifique de l’oncle est assez crédible, avec essais, succès, mais surtout erreurs.  Quelques traits psychologiques qu’on rencontre chez certains scientifiques sont discrètement suggérés : tendance à raconter son travail avec une certaine véhémence (« Et le soir il rentrait chez nous / Et nous mettait en trans’ / En nous racontant tout »); mépris pour les questions jugées peu stimulantes intellectuellement (« La question du détonateur, S’résout en un quart d’heur’ / C’est de cell’s qu’on écarte »); ou engagement de toute sa personne dans ses recherches (« On voyait à son air féroce / Qu’il tombait sur un os »). Tout cela, sans recours à aucun poncif ou expression toute faite, bravo Boris.

 

Reste à savoir si la chanson donne une bonne ou une mauvaise image des scientifiques. Ce qui est sûr, c’est qu’elle dénonce une catégorie encore plus infâme : les chefs d’état. Ceux là, il faut vraiment se décarcasser pour trouver une chanson à leur gloire : Bienvenue au Président Giscard d’Estaing, par Tchibanga.

 



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