La complainte des filles de joie

Putain de métier 5/11
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En 1961, petit tremblement de terre dans la chanson : La complainte des filles de joie, de Brassens, hymne aux accents presque syndicalistes, ce qui est assez inhabituel chez le bon Georges. La rupture opérée par cette chanson est assez subtile. Car personne n’a attendu Brassens pour découvrir les tourments de la prostituée, dont la chanson réaliste ne cachait d’ailleurs rien, on l’a vu. Mais elle les mettait en scène dans l’univers pittoresque de la zone et des apaches, qui faisait le délice du bourgeois s’encanaillant aux concerts de Bruant (avant d’aller finir sa soirée au claque peut-être ?).

Réécoutez bien les quatre premières chansons de la série : la souffrance de la putain est belle comme une image pieuse teintée d’un zeste de Bovarysme dans L’accordéoniste, pleine de fantaisie et de légèreté dans Prospère et de misérabilisme dans Pauvre Pierreuse. Dans Cayenne, elle participe de la noblesse de la révolte sociale. Bref, elle est à chaque fois à une place, elle sert toujours à quelque chose ou à quelqu’un, elle est prostituée pourrait-on dire. Chez Brassens, la vie de la putain est donnée toute crue pour ce qu’elle est, dans une écriture simple et dénuée de jugement, de complaisance ou de voyeurisme. La chanson est d’ailleurs souvent reprise par des femmes, on l’a déjà noté dans la série masculin/féminin, ici.

Sur le site Analyse Brassens, on lit :

Le 16 juin 1976 le collectif des prostituées de Paris adresse à Georges Brassens la lettre suivante :
« Cher Georges Brassens,
Nous les Putains vous disons merci pour vos si belles chansons qui nous aident à vivre. Malheureusement nous n’avons eu votre adresse que très tard. Voici une invitation. Nous vous embrassons toutes.
Vos Copines du Collectif de tout cœur avec vous toujours. »

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9 commentaires sur “La complainte des filles de joie

      1. Il faut que j’apprenne à lire… Je faisais référence à cet article et je n’avais pas vu que tu l’avais écrit. Mais effectivement, Barbara semble faire souvent référence à elle comme une putain. Un rapport avec son enfance (apparemment elle a été violée par son père https://fr.wikipedia.org/wiki/Barbara)?

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  1. Peut-être … Plutôt que dire de bêtises, je préfère te recommander la lecture des mémoires de Barbara, Il était un piano noir, mémoires interrompus, elle y parle beaucoup de son enfance.

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