Je crois que l’automobile est aujourd’hui l’équivalent assez exact des grandes cathédrales gothiques : je veux dire une grande création d’époque, conçue passionnément par des artistes inconnus, consommée dans son image, sinon dans son usage, par un peuple entier qui s’approprie en elle un objet parfaitement magique.
Que dire de la chanson alors ? On en parlera une autre fois. 409 des Beach Boys (déjà passée dans la série sur les nombres en chanson, ici).
Les vacances approchent. Je vous propose de partir en voiture pour quelques jours. D’abord, Ça… c’est de la bagnole, par Georgius. « On voit où’c’qu’on passe. »
Je vous propose de commencer votre week-end dès jeudi, en allant voir Buridane. C’est jeudi 15 juin 2017, salle Rameau, Lyon 1er. Le concert est organisé par À Thou Bout’Chant, billetterie ici.
Voilà c’est le dernier post de la série. J’espère que je vous ai convaincus : la chanson parle des putains, mais aussi et surtout, les putains nous parlent de chansons, merci à elles. Dans le sac à main, chanson d’Allain Leprest, chantée par Sanseverino.
Dans un commentaire, Pierre C. de Paris m’écrit : « Je rêve ou tu as fait une série sur la prostitution sans mentionner Rouvrez les maisons ?« . Non monsieur Pierre C., tu ne rêves pas. Je ne connaissais pas ce chef d’œuvre, sans quoi je l’aurais programmé d’urgence. Et voilà mon oubli réparé, Rouvrez les maisons, de Jean Yanne.
Il faudra qu’on m’explique ce qu’est le « petit train japonnais ». Sinon, sur le même sujet, j’ai déjà passé Nos chères maisons, voir ici. C’est assez intéressant de comparer les deux chansons…
Pour conclure la série, je vous propose deux billets qui nous montrent que le thème de la putain inspire jusqu’à aujourd’hui les meilleurs héritiers du courant réaliste. D’abord, La Mélu, par JeHaN
La chanson est très belle et efficace… Le procédé est aussi classique qu’habile : parler d’un sujet particulier (le destin d’une putain) pour parler d’un sujet universel (la vieillesse). Les paroles sont de Delphine Boubal et la musique de Lionel Suarez. Sur la page web de JeHaN, je lis :
C’est la première chanson que ces Aveyronnais m’ont proposée. Elle gardait les vaches, il était musicien de bal. Et puis franchement cela m’a « troué le cul », c’est dit ! La première fois que Nougaro a écouté cette chanson, il a dit : « là, je signe ». J’étais tellement heureux que je ne lui ai pas demandé ce qu’il signait.
J’ai fouillé tout internet pour savoir qui est cette Delphine Boubal, ou ce qu’elle est devenue : 10 chansons déposées à la SACEM, et c’est tout, aucune autre trace. Si quelqu’un la connait, merci de me faire signe…
Peut-on sérieusement présenter le plus vieux métier de monde comme tout simplement agréable, dans un couplet en apparence dénué de toute ironie ? Ricet Barrier ose, mais après un premier couplet assez surprenant, on comprend où il voulait en venir avec son billard à trois bandes : célébrer la putain, pour en faire l’égale du curé, et finalement, dans un syncrétisme délirant dresser son auto-portrait de baladin (« moitié putain, moitié curé », belle définition, en tout cas Patrick Sébastien adore). Tout ceci est finalement assez proche des conceptions de Barbara déjà vues il y a quelques jours.
D’ailleurs, j’y pense, est-on bien certain que putain est « le plus vieux métier du monde » ? Dans les profondeurs de la préhistoire, il devait bien y avoir des sortes de chanteurs et des sortes de curés, qui étaient peut-être les mêmes en plus…
Par Ricet Barier, Putain de métier.
Explication de texte : « Joindre l’utile à l’agréable » = agréable au client et utile au maquereau. Et puis le public frappe bien bien dans les mains sur les temps 2 et 4, assez rare en France pour être signalé (ou alors je me suis décalé ?).
Le mélange d’esthétiques big band, réalistes et fantaisistes, donne quelques résultats curieux et assez plaisants au tout début des années 1980. Tapin, métro boulot, dodo, par le Grand Orchestre du Splendid.
Ce week-end, vous pouvez vous essayer à une ambiance folk, avec la belle guitare de Yannick Owen et la belle voix de Laurélai Brunelle, en concert co-plateau à AlternatiBar, 126 montée de la Grande Côte, Lyon 1er. C’est vendredi 9 juin 2017, accueil apéritif à partir de 18h30, concert à 20h30.