Le billet est un peu court, alors je vous propose des cours d’anglais. Extrait de « The » dans Le gout des autres. Avec Anne Alvaro et Jean-Pierre Bacri.
Dans un commentaire, Juthova nous propose Le feu au cœur, adaptation de Ain’t Talkin’ de Bob Dylan par Bertrand Belin.
L’original.
À propos de La fille du nord, déjà passée dans la version d’Hugues Aufray, Henri (de Paris) nous propose la version d’Émily Loizeau, Celle qui vit vers le sud. À noter pour notre série : Émily Loizeau se trouve être parfaitement anglophone, puisque Anglaise par sa mère. Donc le sud en ce qui la concerne, c’est peut-être la France.
Aujourd’hui, Sanseverino nous chante un peu de country : son adaptation de A boy named Sue. Indisponible en incrustation, il faut cliquer ici. Christian Séguret en rit encore. L’original par Johnny Cash.
Et puis l’adaptation de Pierre Delanoë par Joe Dassin. Un garçon nommé Suzy.
Alors, who’s best ? Pendant que vous réfléchissez, regardez la lutte titanesque entre Johnny Cash et l’inspecteur Columbo !
Je vous passe aujourd’hui un choix opéré par Pierre Delorme des meilleures adaptations en français de Bob Dylan.
Qui a tué Davy Moore, par Graeme Allwright.
Seven curses, par Sarclo. Pas disponible sur YouTube, je mets un lien vers le site de Sarclo.
Et La fille du Nord, par Hugues Aufray, sur des paroles de Pierre Delanoë.
Merci Monsieur Delorme pour cette sélection des meilleures adaptations du p’tit gars du Minnesota ! Le P’tit gars du Minnesota, paroles, musique et interprétation de Pierre Delorme.
Sur le site Crapauds et Rossignols, un article de Pierre Delorme signale L’étranger de Léonard Cohen. Sur le même lien, je recommande aussi la lecture d’un long commentaire de Sarclo à propos de ses adaptations de Dylan.
On aborde à partir d’aujourd’hui plusieurs réussites dans les adaptations en français de chansons en anglais, par divers spécialistes. D’abord Graeme Allwright et Suzanne.
On s’écarte aujourd’hui un peu de la chanson pour aborder l’art oratoire. Et puisqu’on compare l’anglais au français, on écoute les deux discours peut-être les plus célèbres dans ces deux langues : I have a dream de Martin Luther King et Entre ici Jean Moulin d’André Malraux. Deux tubes en quelque sorte.
I have a dream.
Entre ici Jean Moulin.
Je suis frappé par le rythme de I have a dream, qui a plusieurs traits typiques des chansons. D’abord la présence de plusieurs refrains intégrés. Un refrain intégré dans une chanson, c’est un petit bout de phrase qui revient pour séparer les couplets, sans être tout à fait assez long pour constituer un refrain proprement dit, par exemple « et s’appelait les copains d’abord, les copains d’abord ». Martin Luther King utilise de ces bouts de phrase : « One hundred year ago », répété plusieurs fois au début de son discours, puis « Now is the time » au milieu, et bien sûr le célèbre « I have a dream » à la fin. Ce dernier a un placement intéressant : sur le plan sémantique, il est au début du « couplet » (« je rêve que ceci ou cela »), mais rythmiquement, il est placé à la fin, juste après les « ceci et cela » et suivi d’une pause, écoutez bien. Ça donne un effet de contre-temps, ou « en l’air » très efficace, un peu similaire à divers dispositifs rythmiques de la musique noire américaine justement.
Le discours de Malraux est bien plus français, en ce qu’il s’appuie sur le nombre de pieds des phrases, qui bien qu’irrégulier, donne beaucoup de rythme à l’ensemble. J’ai par exemple repéré plusieurs alexandrins :
Il a été le Carnot de la Résistance.
Désormais, elle va combattre en face de l’enfer.
Jean Moulin n’a nul besoin d’une gloire usurpée.
Mais je ne repère rien qui évoque le contre-temps. L’accent tonique final typique du français donne un aspect conclusif et solennel à chaque phrase. Le « entre ici Jean Moulin » de Malraux pourrait être utilisé comme un refrain intégré, mais à l’encontre de ce que je me rappelais, il n’est énoncé qu’une seule fois.
Quelques chansons quand même pour illustrer ce billet. D’abord We shall overcome, de Joan Baez, dont le titre était le slogan des luttes pour les droits civiques.
Et puis à propos de Jean Moulin, une célèbre chanson de résistance, The partisan par Leonard Cohen.
Dans le cadre de cette série, il est intéressant de rappeler que la chanson surtout connue dans sa version en anglais est en fait adaptée du français : paroles d’Emmanuel d’Astier de la Vigerie et musique et interprétation d’Anna Marly.