Les Juifs et la chanson V – Chansons de Corvol 5/10
Peu de chansons chantées à Corvol sont liées à la religion juive. Une seule à ma connaissance en fait, Shabes shabes, chanson en yiddish qui célèbre le shabbat. Par Theodore Bikel.
Les Juifs et la chanson V – Chansons de Corvol 4/10
Le répertoire engagé, anticlérical ou pacifiste, est bien sûr à l’honneur à Corvol. Avec par exemple Giroflé Girofla, musique d’Henri Goubier, paroles de Rosa Holt. Par Yves Montand.
Autre exemple : le grand classique d’Aristide Bruant, Le chant des canuts, présent à Corvol quoique rarement chanté (parce que trop difficile à mon avis… le rythme et la mélodie ne sont pas évidents). Encore par Yves Montand.
Les Juifs et la chanson V – Chansons de Corvol 3/10
Les chansons chantées à Corvol ne sont pas toutes issues d’un répertoire strictement socialiste, révolutionnaire ou juif. Le vaste continent des chants scouts ou de colonies de vacances est bien sûr présent, mais avec parfois quelques adaptations. Par exemple, je me suis toujours demandé pourquoi on ne patinait pas au firmament. Et oui, une chanson très connue à Corvol était Si tu vas au ciel. Extrait des paroles :
On ne va pas au ciel, En patinant Car on ne patine pas Au firmament
Vérification faite, dans les véritables paroles de ce chant semble-t-il très populaire aussi chez les scouts, c’est « badinant » et pas « patinant ». On y gagne en morale chrétienne ce qu’on perd en surréalisme… Cette chanson est apparemment à l’origine un chant traditionnel catalan. J’ai préparé cette série un peu à la dernière minute, si quelqu’un peut me renseigner sur le sens des paroles catalanes, merci. Par Toni Gimenez.
Autre exemple de perméabilité entre le répertoire scout et les chansons de Corvol : Amitié, liberté. En faisant quelques recherches sur ce chant révolutionnaire très souvent entonné (et qui se conclut sans ambiguïté par « Prolétaires de tous les pays unissez-vous », slogan de la première internationale ouvrière, lancé par Marx et Engels en personnes), j’ai eu la surprise de n’en trouver trace que sur des sites de chants scouts. Mais ces derniers indiquent bien la filiation de cette chanson, en précisant qu’elle est empruntée au répertoire des Faucons Rouges, une fédération de mouvements de jeunesse internationale et socialiste (voir ici). Les paroles scouts sont bien sûr débarrassées de toute allusion socialiste ou communiste. Écoutez plutôt.
Les paroles chantées à Corvol :
Par les prés inondés de lumière Nous allons tous vers des temps nouveaux Dans le matin claquent nos bannières Et la joie vit dans nos drapeaux
Refrain Amitié, amitié, liberté, liberté Sauront nous donner des jours plus beaux
Hier l’usine broyait notre vie Sous les coups de ses pesants marteaux Aujourd’hui la forge refroidit Et la faim grandit à nouveau
Refrain
Partout la misère nous tenaille Et nos esprits souffrent mille maux Mais nos cœurs tous prêts à la bataille Feront naître des temps nouveaux
Dernier refrain: Amis, frère, amis frère, prolétaires, prolétaires, De tous les pays, unissez-vous
Un autre classique, Le facteur russe (ou polonais selon les versions), est semble-t-il adapté d’un chant traditionnel suisse, et transmis en France via le répertoire des gadzarts, les élèves ingénieurs de l’école des Arts et Métiers. Je l’ai d’ailleurs entendu quelquefois lors de troisièmes mi-temps par des rugbymen. Je vous épargne les interprétations très médiocres disponibles sur la toile, dommage c’est une belle chanson…
Les Juifs et la chanson V – Chansons de Corvol 2/10
L’une des chansons les plus intéressantes du répertoire de Corvol est Mir kumen on, « Nous arrivons » en yiddish. Il s’agit d’une chanson écrite pour le film éponyme, produit par le Bund, et destinée à lever des fonds pour diverses œuvres, dont le sanatorium Vladimir Medem. Situé près de Varsovie, il recueillait avant-guerre des enfants juifs tuberculeux. Le film promeut la pédagogie avant-gardiste du sanatorium, inspirée de Janusz Korczak et également mise en œuvre à Corvol. Plus d’informations sur le film ici, et sa récente réédition en DVD.
Les Juifs et la chanson V – Chansons de Corvol 1/10
Avant la série d’été, voici une dernière série sur le thème de l’année, plus personnelle que les autres et consacrée aux chansons « de Corvol ». Ce titre mérite quelques explications. Corvol l’Orgueilleux est un petit village dans la Nièvre, près de Clamecy, qui accueille au chateau de la Villette une colonie de vacances que j’ai fréquentée enfant. Elle est organisé par le CLEJ, le Club Laïque de l’Enfance Juive, une survivance des mouvements de jeunesse du Bund, le parti socialiste juif polonais.
Le CLEJ entretient un patrimoine original de chansons, notamment révolutionnaires, appris de génération en génération jusqu’à aujourd’hui. Par exemple, une chanson écrite en 1927 suite à l’incendie du Palais de Justice de Vienne : Die Arbeiter von Wien (Les travailleurs de Vienne). À Corvol, la chanson est interprétée en français sous le titre Les bâtisseurs, avec un refrain en yiddish. Impossible de trouver un enregistrement de cette version sur la toile… Je vous propose l’original, en allemand donc.
Autre version par un groupe de métal appelé fort à propos Metallarbeiter.
Les paroles en français, avec la reprise du refrain en yiddish.
C’est nous les bâtisseurs du monde nouveau C’est nous les semeurs des champs et la graine C’est nous les moissonneurs des moissons prochaines C’est nous le futur et c’est nous l‘avenir
Refrain Flotte toi flamboyant, drapeau rouge au vent Sur les chemins que nous suivons C’est nous les lutteurs, nous les travailleurs Un monde nouveau nous ferons
Der flate flamener die roïte fener Zu scheinen zukumpf sitaïm Es kim fun yougn freie mener Es kim fun arbeiten fun Vien
Maîtres des usines, et vous Maîtres du monde Votre puissance un jour s’écroulera Notre vaillance de vous triomphera Nous briserons les fers qui nous entravent
De l’avilissant mensonge qui nous entrave Surmontant tout, l’esprit sera vainqueur Brisons nos fers, vous ne nous faites plus peur Nous nous groupons pour le dernier combat
En ce premier jour de l’été, et de fête de la musique, je n’ai pu m’empêcher de mettre en avant ce titre de Delphine Coutant qui évoque le printemps. Les beaux jours deviennent un appel à La parade nuptiale.
Mais tout pousse, Liseron et orties, les ronces autant que les fleurs.
Lorsqu’elle quitte les marais salants de Guérande, après un Jour de Concert et [jour] de Sel
Delphine Coutant ne quitte pas l’eau, seulement La plaine
et nous chante Nous Joséphine
Allez, on se quitte pour aujourd’hui avec le magnifique clip de Tchiki Tchiki.