C’est l’été 2019, chaque jour un poète. En ce jour de fête nationale, le seule poète qui se soit jamais présenté aux élections présidentielles, Alphonse de Lamartine, né en 1790.
Georges Brassens nous chante Pensées des morts.
Alphonse de Lamartine inaugure le grand siècle romantique, dans lequel on va rester une bonne partie de l’été. Adieu poètes du moyen-âge, de la renaissance, classiques, précieux… Je n’ai trouvé aucune mise en chanson un peu moderne de François de Malherbe ou d’André Chénier, mais qu’est-ce qu’ils fichaient à Saint-Germain des Prés en 1950 tous nos poètes-chanteurs ? Il y a pourtant à faire…
Toujours ce souvenir m’attendrit et me touche, Quand lui-même, appliquant la flûte sur ma bouche, Riant et m’asseyant sur lui, près de son cœur, M’appelant son rival et déjà son vainqueur. Il façonnait ma lèvre inhabile et peu sûre À souffler une haleine harmonieuse et pure
C’est l’été 2019, chaque jour une poétesse. Aujourd’hui Marceline Desbordes-Valmore, née en 1786.
Julien Clerc nous chante Les séparés.
Vous aurez remarqué qu’on passe aujourd’hui la deuxième poétesse au quatorzième billet de la série, douze hommes et deux femmes seulement. J’en profite pour indiquer que Le Jardin n’utilise pas l’orthographe inclusive, il n’y a pas de poète.sse ni de chanteur.euse sur le blog. Je n’hésite pas en revanche à écrire « chaque jour une poétesse » même si les autres jours, ce sont souvent des poètes.
Fêtons ça avec un bonus. Barbara d’Alcantara nous chante Vous aviez mon cœur, sur une musique de Julos Beaucarne.
Genzo le parolier me signale dans un commentaire que je n’ai rien passé de Nicolas Boileau, et me propose Boileau, par Dick Annegarn et Bigflo et Oli.
Patrick Hannais me signale que L’ami Zantrop de Boby Lapointe comporte d’assez longues citations du Misanthrope de Molière (qu’on a déjà longuement évoqué dans ce blog, ici).
Non, je ne puis souffrir cette lâche méthode Qu’affectent la plupart de vos gens à la mode ; Et je ne hais rien tant, que les contorsions De tous ces grands faiseurs de protestations.
C’est l’été 2019, chaque jour un poète. Aujourd’hui Jean Racine, né en 1639.
Dan Bigras nous chante Oreste.
On entend dans la chanson l’un des vers les plus célèbres de Racine, « Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes », sempiternel exemple d’allitération. Je lui préfère le bel hommage à la pensée scientifique qu’on trouve dans les Lettres persanes de Montesquieu : « […] laissés à eux-mêmes, privés des saintes merveilles, ils suivent, dans le silence, les traces de la raison humaine ».
C’est l’été 2019, chaque jour un poète. Aujourd’hui Jean de La Fontaine, né en 1621.
Charles Trenet nous chante La cigale et la fourmi. Pas évident de trouver le compositeur, le site de la Sacem ne mentionne que les arrangeurs. Peut-être Django Reinhardt ou Léon Chauliac ?
Saviez-vous que la Sacem recense pas moins de 276 mises en musique de La cigale et la fourmi ? Curieux pour un texte écrit en vers de sept pieds (sauf le premier vers) et qui utilise l’inénarrable passé antérieur…
C’est l’été 2019, chaque jour un poète. Aujourd’hui Philippe Desportes né en 1546.
Guy Béart nous chante Le mariage.
Le jour où j’ai trouvé la vidéo sur youtube, elle n’avait qu’une seule vue ! Au jour où je mets mon billet en ligne, c’est 7. Grâce à vous ce sera au moins 12.