Discours de fleurs

Cinq devinettes sur Georges Brassens 1/6
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À partir d’aujourd’hui, on lance un petit jeu de piste autour de Georges Brassens. Il s’agit de répondre à cinq devinettes, faciles ou difficiles, et conçues pour qu’une requête sur un moteur de recherche ne soit d’aucune aide. Ceux qui savent tout sur Brassens n’apprendront rien, et ceux qui ne savent rien n’apprendront pas tout… Mais j’espère que tout le monde s’amusera. Je donne aujourd’hui les cinq devinettes (à la fin du billet), et j’égrainerai les réponses dans les billets suivants.

Pour vous laisser le temps de chercher, je propose aujourd’hui une belle interprétation d’une chanson très peu connue de Georges Brassens. Thomas Fersen chante Discours de fleurs. Si ça vous plaît, vous pouvez voir Thomas Fersen au Radiant Bellevue, près de Lyon, le 22 novembre 2017, voir ici.

 

Première devinette : quelle chanson de Brassens n’est pas de Brassens ?
Et oui, Brassens est souvent célébré comme auteur ou comme compositeur, plus rarement comme interprète. Il a pourtant enregistré des disques de reprises, qui contiennent quelques perles : À la place Maubert de Bruant, Je suis swing de Johnny Hess, Le vieux château, etc… Mais il a très rarement chanté des chansons écrites par d’autres spécialement pour lui. Donner un exemple, c’est une chanson souvent considérée comme « de Brassens » et qui pourtant n’est pas de Brassens…

Deuxième devinette : quand Brassens chante-t-il en anglais ?
Brassens n’hésite pas à glisser quelques mots étrangers dans ses chansons : latin (« tous les De profundis, tous les Morpionibus », allusion à une célèbre chanson paillarde, dans Le mécréant). Ou de l’allemand dans La tondue. Mais dans quelles chansons utilise-t-il ce grand ennemi de la chanson française qu’est l’anglais ?

Troisième devinette : quelle planète Brassens oublie-t-il ?
Brassens avait une grande culture classique : dieux grecs ou romain pullulent dans ses chansons. Les planètes de notre système solaire, qui empruntent leur nom à ces dieux, sont de ce fait toutes citées dans ses chansons. Toutes, sauf une … Laquelle ?

Quatrième devinette : quand Brassens se livre-t-il à la censure ?
Brassens, chanteur anarchiste épris de liberté et dont nombre de chansons furent censurées était donc logiquement l’ennemi de la censure. Pourtant il n’hésite pas à censurer des poètes… Où donc ?

Cinquième devinette : quand Brassens se livre-t-il à l’auto-censure ?
D’accord, Brassens censure, l’affaire est entendue. Mais dans quelle chanson Brassens s’autocensure-t-il ? Évidemment, c’est impossible à déduire de la simple écoute de la chanson, puisque le couplet caviardé ne s’y trouve pas (ce ne serait pas de la censure sinon)… Attention, il y a au moins deux réponses possibles.

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Le mariage

Les cultures soixante-huitardes 4/8
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Nombre d’institutions vénérables ou « bourgeoises » se sont trouvées sous la critique « révolutionnaire » en Mai 68, par exemple le mariage. Déjà attaqué par Georges Brassens dans La non-demande en mariage.

 

Alors Brassens était-il soixante-huitard ? On répondra à cette question urgente quand on aura fini les cinq séries sur 68 (ou même après la fin du blog…).  En attendant, je trouve l’accompagnement à la guitare de cette chanson très instructif. Brassens n’utilise pas sa « pompe » habituelle (le boom-tchak boom-tchak). Le rythme lent de la chanson, la douceur des paroles et les mouvements amples de l’archet sur la contrebasse appelleraient assez naturellement des arpèges un peu mièvres (je parie que ce serait le réflexe de la majorité des guitaristes). Mais Brassens opte pour un accompagnement que je trouve un peu brutal rythmiquement : saccadé, rudimentaire, et presque punk-rock avant l’heure si on y réfléchit. J’y vois la marque d’une chanson authentiquement révoltée…

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Du réverbère au lampadaire

Paralipomènes 64/67
(la série qui revient en 68 billets sur les 44 premiers thèmes du blog)
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Voilà le dernier billet sur la prostitution (mais on en reparlera, j’ai préparé une série sur les chansons abordant la prostitution du point de vue des clients, restez en ligne si vous voulez voir ça).

En attendant, je vous propose La putain de Serge Reggiani.

Vous noterez l’usage du mot « réverbère », qui évoque avec efficacité tout un imaginaire : nuit, ville, cercle de lumière qu’entoure un cercle d’obscurité, voire même urine de chien nonchalamment épandue… Le mot est aussi convoqué dans Le sac à main, d’Allain Leprest qu’on a passé ici. Mais dans La Mélu, chanson qu’on a passée ici, le « réverbère » devient un « lampadaire », réalité proche mais moins précise et évocatrice. Pourquoi diable ?

Peut-être pour un peu flouter le texte, l’effet sfumato est intéressant. Mais surtout essayez de chanter La Mélu. Dans « Sur le coin d’une lune, d’un lampadaire », la syllabe « pa », très percussive, tombe fort à propos sur un contre-temps. « Réverbère » serait possible, mais la syllabe mollasse « ver » ferait perdre un peu d’efficacité rythmique au mix parole-musique. C’est une accumulation de petits détails comme ça qui fait qu’une chanson marche ou pas… Écoutez bien n’importe quelle chanson de Brassens (par exemple Je m’suis fait tout p’tit), je pense qu’il était très attentif à genre de détails, grâce à quoi il arrivait à nous faire ingurgiter des poésies assez bourratives. On reparle de ça dans une prochaine série.

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Brassens chante Lamartine

Paralipomènes 61/67
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La quarante-deuxième série du blog abordait les poètes mis en musique par Brassens. Le sujet est loin d’être épuisé, je vous propose aujourd’hui Pensées des morts adaptation d’un poème d’Alphonse de Lamartine. C’est assez incompréhensible, alors qu’à peu près tout Brassens est en ligne sur Youtube, pour cette chanson, on ne trouve que des reprises plus ou moins lourdeaudes par des fans, allez voir si vous ne me croyez pas… Je vous en propose une qui est très bien par Michel8h.

C’est bien chanté, il faudrait juste juste éviter « c’est alors-re que ma paupière ». Il y a aussi une reprise par Hubert Félix Thiefaine (pas à son meilleur je trouve) ça intéressera les fans.

 

Et puisque dans la série sur Brassens, on citait la préface de l’Anthologie de la poésie française d’André Gide, je vous en ressers un extrait.

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Je me souviens d’avoir entendu Verlaine, ce musicien, déclarer que, de beaucoup, il préférait à Hugo Lamartine. En tout cas Lamartine est le premier en date et c’est de lui qu’il convient d’abord de parler. Il a des départs prestigieux et je ne connais rien qui puisse être comparé aux premiers vers du Lac ou du Vallon ; mais son essor atteint aussitôt son plafond ; hauteur où il plane ensuite inlassablement (ou du moins ne lassant que le lecteur), sans sursauts, sans nouveaux coups d’ailes. Ce qui manque le plus à ces suites de vers, d’un bercement égal et quelque peu fastidieux, c’est à quoi Baudelaire excellait avec audace : la surprise. Mais, dans le flasque, c’est encore ce que l’on a fait de mieux ;

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L’arrière grand-mère de Brel et Brassens

Paralipomènes 60/67
(la série qui revient en 68 billets sur les 44 premiers thèmes du blog)
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Le 1er avril 2017, je révélais à mes lecteurs ébahis que Georges Brassens et Jacques Brel étaient cousins au second degré. Pfouu, incroyable. Pourtant l’information a été très peu reprise. Et bien en fait, c’est encore plus incroyable que ça, leur arrière grand-mère, c’était la Bolduc. Vous ne me croyez pas ? Vous n’avez qu’à demander à la saucisse. Si les saucisses pouvaient parler, la Bolduc.

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Suzy Solidor, précurseur de Serge Gainsboug

Paralipomènes 39/67
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Dans la vingt-sixième série du blog, homme au féminin, femme au masculin, on présente Gainsbourg comme un précurseur : premier homme qui aurait chanté une chanson de femme, Mon légionnaire. Il a été précédé par Suzy Solidor. Je vous livre sa version du Parapluie de Georges Brassens, chanson d’homme.

Suzy Solidor était une personnalité très intéressante, vous pouvez lire sa biographie ici.  Encore une chanson d’elle, La fille des bars.

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Hélas, les carabins…

Paralipomènes 29/67
(la série qui revient en 68 billets sur les 44 premiers thèmes du blog)
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Dans la vingtième série du blog, on s’intéressait à l’image des scientifiques dans la chanson, et on notait qu’elle était toujours négative. On mentionnait L’ancêtre, de Georges Brassens, qui donne une image plutôt négative des médecins (carabins en argot). Mais je n’ai pas passé la chanson, oubli réparé (la vidéo avec son contrebassiste Pierre Nicolas est très intéressante, Brassens chante en fumant la pipe, on comprend qu’il s’entende mal avec les médecins).

Les « mignonnes qui fument, crénom de nom », elles seraient bien allées dans la série sur les prostituées…

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De peur que des rôdeurs n’emportassent le reste

Paralipomènes 25/67
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La seizième série du blog était consacrée à l’imparfait du subjonctif. Vous m’avez proposé plusieurs chansons de Georges Brassens, l’un des rares auteurs de chansons à utiliser ce temps désuet. Par exemple, dans Stances à un cambrioleur.

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Brassens et NTM nous parlent du système

Paralipomènes 17bis/67
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Merci pour vos propositions de chansons qui parlent du « système ». Nathalie, internaute de Lyon 7è, nous propose La maîtresse d’école, une chanson de Georges Brassens, ici chantée par Maxime Le Forestier. « Ce système ne fut jamais admis… »

Bastien, lui aussi internaute de Lyon 7è (ils doivent probablement être voisins ?), nous propose Laisse pas traîner ton fils de Suprême NTM. « Le système a la tête sous l’eau ».

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Entre l’Espagne et l’Italie

Paralipomènes 13/67
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Les arpèges majeurs étaient le septième thème abordé dans le blog. Voilà encore une chanson qui commence par un bel arpège (majeur) ! Entre l’Espagne et l’Italie de Georges Brassens, par Jean Bertola.

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