On a beaucoup cité Raoul Ponchon dans cette série. C’était un journaliste bohème qui pratiquait un art aujourd’hui perdu : la gazette rimée. Sa citation la plus célèbre :
Quand mon verre est vide, je le plains ; quand mon verre est plein, je le vide.
Sa vie recèle un étrange mystère : alcoolique et goinfre, n’ayant pas eu une hygiène de vie très exemplaire, il vécu pourtant jusqu’à l’âge de 88 ans sans grand problème de santé. Il se pourrait qu’il ait grandement exagéré son alcoolisme. Sa pratique intensive de la marche à pied l’a peut-être aussi gardé en forme. Excellente émission à son sujet sur France Culture ici.
En écoutant l’émission, j’ai pris quelques notes pour cette série, à propos de la vie de « bohème ». Jean-Didier Wagner, historien de la littérature :
Il ne faut pas oublier que « bohème » est un terme qui a été pratiquement imaginé par Henri Murger. Auparavant, on pouvait vivre de façon artiste, en dehors des règles de la vie bourgeoise. Mais le mot « bohème » et « bohème littéraire » n’a pas été associé avant 1842 je dirais au champ littéraire et artistique. C’est une manière de se vendre au public. On est bohème pour le bourgeois en fait. Donc, si on veut vendre, il suffit de mettre comme Goudot « dix ans de bohème » sur ses mémoires.
Il est temps de révéler la réponse à la première devinette : le jeu plus souvent cité en chanson. J’ai eu toute sorte de réponses (voir le billet précédent) et personne n’a trouvé la mienne. Diego propose la chasse, réponse intéressante avec beaucoup de chansons, mais je ne range pas la chasse dans les jeux.
Je propose donc : le flipper. Tout comme un bon coup au jeu de go, le flipper remplit plusieurs objectifs. D’abord, le jeu est musical en lui-même, il se prête bien à la musique figurative à l’instar de la machine écrire ou du train par exemple. Ensuite, ce jeu des copains, adolescent et générationnel permet d’actionner le ressort (c’est le cas de le dire) le plus efficace de la chanson : la nostalgie. Le flipper a aussi une valeur métaphorique : les rebonds illogiques de la boule de bumper en bumper sont la vie même. En fait, certains flippers étaient même des petites allégories, avec dans un univers bien défini des zones chanceuses et d’autres adverses, des prisons, des gains inespérées, etc. Bref, le flipper a tout pour plaire au parolier.
Même Édith Piaf a chanté le flipper. Le billard électrique.
Parmi les nombreuses chansons de flipper, je trouve que celle qui exploite le mieux tout le potentiel du jeu, c’est Flipper, du groupe Téléphone.
Pour la valeur nostalgique du flipper, je propose Les forbans, La fille du flipper.
Comme chanson qui exploite le potentiel métaphorique du flipper, je propose Corynne Charby, Boule de flipper. Il faut juste qu’on m’explique pourquoi le clip montre surtout des boules de bowling et une boule de pétanque bien astiquée sur un billard … La musique est de Christophe en personne.
Sur le plan musical, ma chanson de flipper préféré est Pinball wizard des Who. Avec Elton John au chant, le version du film Tommy exploite un peu le potentiel musical du jeu.
Pour les vrais fans des Who, une version live avec Roger Deltrey au chant. Au festival de l’ile de Wight, en 1970. Le tempo s’embourbe quelque peu… Keith Moon devait être un peu défoncé, mais merde, ça a de la gueule.
Version française, par Richard Anthony, un beau massacre, merci. Le sorcier du flipper. Les paroles sont de Boris Bergman, il a quand même fait mieux après …
Tant qu’à rester en France, je préfère de très loin la pop déjantée d’un autre Richard (Gotainer). L’empereur du flipper.
Même Chantal Goya a chanté le flipper, dans sa période yéyé au début de sa carrière. Si tu gagnes au flipper. Tout comme le yaourt avec de vrais morceaux de fruits, il y a de vrais bruits de flipper au début.
Les nuits sans Kim Wilde de Laurent Voulzy exploite le côté obsessionnel du flipper. Paroles d’Alain Souchon.
Je conclus ce billet par une anecdote personnelle. Soucieuse de mon éducation, ma maman m’emmenait parfois sur les lieux de tel ou tel événement historique. Ainsi nous sommes-nous retrouvés il y a une bonne quarantaine d’années dans le café où Jean Jaurès avait été assassiné quelque décennies auparavant, rue Montmartre à Paris pour autant que je me souvienne. Elle a demandé où se trouvait le grand homme au moment du coup de feu. Le garçon nous a répondu : « il était au flipper ». Tout comme Bob qu’était au flip quoi. Marche à l’ombre de Renaud.
Je me suis limité aux chansons centrées sur le flipper. Pour aller chercher l’extra-balle, ou même peut-être « claquer » et gagner une partie gratuite, quelques chansons qui l’évoquent incidemment : – Laisse béton, encore Renaud – Rock autopsie ou Les dingues et les paumés d’Hubert-Félix Thiéfaine – J’ai eu 30 ans de Maxime Le Forestier – Nos amours cassées de Félix Gray & Didier Barbelivien – Couleur menthe à l’eau d’Eddy Mitchell – Cœur en stéréo de Jeanne Mas – La solitude de Gilbert Bécaud
Vous venez de lire le 1200e billet du Jardin aux chansons qui bifurquent.
Les Juifs et la chanson IV – Image des juifs dans la chanson 9/19
Le conflit israélo-palestinien est parfois évoqué dans des chansons pacifistes, comme Inch’Allah de Salvatore Adamo.
Je n’ai trouvé que peu d’allusion à la cause palestinienne chez des chanteurs ayant une certaine diffusion. Je note que dans les deux chansons à suivre, les règles non-écrites régissant la majorité des chansons évoquant les juifs s’appliquent : rester allusif, ne pas nommer ce dont parle, et lorsqu’on le nomme, l’inclure dans une liste.
Dans Tout le monde y pense de Francis Cabrel, « Des cailloux sur des casques lourds » : tout le monde pense à l’intifada (et à Francis Cabrel).
Dans Miss Maggie, Renaud sacrifie à la tradition énumérative, tout en inventant un génocide pour les besoins de sa démonstration. Suite à une polémique, il paraît qu’il a changé les paroles dans ses concerts, voir ici.
Les Juifs et la chanson IV – Image des juifs dans la chanson 8/19
Le courant est aujourd’hui un peu passé de mode, mais il y a eu plusieurs chansons pro-israéliennes dans les années 1960. Par exemple, Exodus, paroles d’Eddy Marnay, interprétée par Édith Piaf, pour le film du même nom.
Autre exemple, Nino Ferrer, Je vous dis bonne chance.
Dans un contexte plus actuel et circonstancié, Renaud évoque Israël dans Hyper cacher, chanson écrite après les attentats de janvier 2015.
Pour un exposé plus doctrinaire du sionisme en chanson, je vous propose Plaidoyer pour ma terre (qu’est-ce que le sionisme) d’Herbert Pagani.
J’inclus aussi une chanson de Serge Gainsbourg, Le sable et le soldat, écrite à l’occasion de la guerre des six jours, et dont il n’existe qu’une maquette. Plus d’information sur cette étrange chanson ici (à écouter si vous vous posez tout plein de questions sur Gainsbourg, la France et le sionisme).
Les Juifs et la chanson IV – Image des juifs dans la chanson 2/19
Quand le mot « juif » apparaît dans une chanson, c’est rarement pour désigner un personnage particulier, ou pour souligner une qualité prêtée aux juifs. On va le voir dans ce billet, le « juif » dans la chanson est souvent abstrait, insipide, à l’antipode du « gitan », personnage récurrent à la personnalité forte et affublé de nombreuses qualités (voir ici). Il y a peu d’exceptions, retournez voir le billet consacré à Georges Moustaki pour en trouver une (ici).
« Juif » apparaît donc souvent dans des chansons énumératives, avec d’autres peuples, ou simplement adossé au nom d’une autre ethnie, comme pour se mettre à distance d’un antagonisme ou pour dissiper toute suspicion de racisme. Dans ce contexte, « juif » et « arabe » sont souvent cités ensemble, l’un justifiant l’autre et inversement, ou l’excusant. Les exemples sont assez nombreux et chacun peut interpréter le phénomène selon sa paranoïa propre, je vous laisse à vos méditations.
Plus belle chanson de la collection, Claude Nougaro, Sonnet à Mouloudji. Vous noterez que techniquement, il ne s’agit pas d’un sonnet, puisque l’avant-dernière strophe contient quatre vers, et que dans la dernière un vers ne rime avec aucun autre, sans que cela ne produise aucune gêne à l’écoute, c’est le génie créatif de Nougaro.
On me prend pour vous On vous prend pour moi Ressemblance féconde Du Juif et de l’Arabe
Kabyle de la Butte Sarrazin de Toulouse Ainsi se répercutent Dans du noir et du rouge
Je serais anarchiste Comme vous, cher frangin, S’il n’y avait là, qui geint Dans ma vierge âme bistre
Un ange, qu’on ne peut nier Et qui tient à nous mettre Dans le même panier
Chanson la plus surprenante dans notre étude, magnifique exemple de chanson énumérative : Le zizi de Pierre Perret, seul tube que j’ai trouvé pour cette série (et en sens seul véritable « tube » de toute la chanson française).
Celui d’un marin breton Qui avait perdu ses pompons Et celui d’un juif cossu Qui mesurait le tissu Celui d’un infirmier d’ambulance Qui clignotait dans les cas d’urgence
Le mot « juif » apparaît parfois dans des listes de victimes du racisme, comme dans Monsieur Machin de Nino Ferrer.
Vous n’aimez pas les nègres Vous n’aimez pas les juifs Vous aimez les gueuletons Dimanche après la messe Monsieur Machin, vous êtes mort en naissant
Ou encore, Cannabis, toujours de Nino Ferrer.
La crasse et le vide La gueule et l’angoisse La guerre aux métèques Nègres, Juifs ou chiens Ça n’fait rien
Pour dénoncer la télé-poubelle, Louis Chedid va même jusqu’à mettre dans le même sac racistes et victimes du racisme, dans Reality-Show.
Je m’adresse à tous les charognards Qui tirent sur la corde sensible Les chasseurs de sensationnel Vautours de la télé-poubelle Qui mélangent dans le même shaker Juifs, skins, nazis, beurs
Plus positivement, les juifs sont souvent cités dans des chansons célébrant l’unité du genre humain. Par exemple dans Mélangez-vous Pierre Perret.
Femme pleine de grâce Quand l’étranger à l’entour de ta maison passe Noir, Blanc, Juif ou Berbère Laisse ton cœur désigner celui qu’il préfère
Ou encore dans J’ai embrassé un flic de Renaud.
Nous étions des millions Entre République et Nation Protestants et catholiques Musulmans, juifs et laïcs Sous le regard bienveillant De quelques milliers de flics
Ou encore dans Oye Sapapaya de Doc Gyneco
Je suis nègre, juif et communiste Allez leur dire aux lepénistes
Dans la géographie imaginaire de Jacques Brel (voir ici), il y a une petite place pour les juifs et les noirs. « Ni le courage d’être juif, ni l’élégance d’être nègre » dit-il dans Voir un ami pleurer. J’observe que le judaïsme est très discret dans l’œuvre de Brel, mais s’il respecte la règle non-écrite consistant à toujours évoquer « juif » avec un autre peuple, il est aussi le seul de tout ce billet qui n’est pas dans une neutralité complète, puisque fidèle à son habitude de prêter une personnalité à tel ou tel peuple, il associe « juif » à une qualité.
Hubert-Félix Thiéfaine utilise aussi le mot juif dans une chanson énumérative. Le titre de la chanson est peut-être une provocation (Je suis partout était un journal antisémite sous l’occupation)… mais peut-être pas, à partir d’une certaine dose de THC dans le sang, c’est difficile de savoir. La chanson aurait eu sa place dans la série sur la Shoah si je l’avais trouvée à temps. Je suis partout.
je suis partout dans le héros, dans le vainqueur le médaillé qui fait son beurre dans la fille tondue qu’on trimbale à poil devant les cannibales dans le train Paris-gare d’Auschwitz entre les corps des amants juifs dans ces millions d’enfants gazés qu’on voudrait me faire oublier je suis partout partout partouze tendresse en s.o.s. eros über alles
Pour conclure ce billet, Philippe Katerine, dont je réalise petit à petit en travaillant à mon blog que toute l’œuvre est une sorte d’analyse critique de la chanson, pousse le dispositif jusqu’à l’absurde dans Juifs Arabes.
Je vous rappelle que j’attends toujours vos vers préférés chez Brassens ! Je fais le point demain sur les différentes propositions.
Devinette du jour : quel alexandrin de Brassens est obtenu en recollant les titres de trois chansons ?
Réponse à la devinette d’hier. On demandait quelle célébrité a la particularité de voir son nom cité dans des chansons de Adamo, Alizée, Art Mengo, Pierre Bachelet, Barbara, Didier Barbelivien, Claude Barzotti, Bénabar, Benjamin Biolay, Georges Brassens, Jean-Roger Caussimon, Alain Chamfort, Julien Clerc, Vincent Delerm, Bob Dylan, Lara Fabian, Jean Ferrat, Léo Ferré, Serge Gainsbourg, Mark Knopfler, Serge Lama, Allain Leprest, Yves Montand, Mouloudji, Pascal Obispo, Pierre Perret, Renaud, Yves Simon, Charles Trenet et Zazie.
Il s’agit bien sûr de Paul Verlaine, bravo a Pierre Delorme qui a trouvé la réponse le premier, suivi de près par Patrick Hannais et Nadia (de Meylan). Simon me propose même une chanson à ajouter à la liste, Rive gauche d’Alain Souchon qui n’hésite pas à couper en deux le nom de ce pauvre Verlaine. Vous pouvez retourner voir la série qu’on a consacré à cet étrange phénomène, ici. Je ne vais pas vous passer toutes les chansons… Je me contente d’une des plus inattendues : Bob Dylan, You’re gonna make me lonesome when you go.
Et si vous ne me croyez pas, voici la liste des chansons, allez-y voir !
Pauvre Verlaine, Adamo À cause de l’automne, Alizée L’enterrement de la lune, Art Mengo En ce temps là j’avais 20 ans, Pierre Bachelet La Solitude, Barbara Gottingen, Barbara Hop Là !, Barbara L’absinthe, Barbara Dinky Toys, Didier Barbelivien Quitter l’autoroute, Didier Barbelivien Je ne t’écrirai plus, Claude Barzotti Remember Paris, Bénabar Si tu suis mon regard, Benjamin Biolay À Mireille [parlé, texte de Paul Fort], Georges Brassens L’enterrement de Verlaine [parlé, texte de Paul Fort, mais il existe des versions chantées], Georges Brassens Paris jadis, Jean-Roger Caussimon Jamais je t’aime, Alain Chamfort Hélène, Julien Clerc Les chanteurs sont tous les mêmes, Vincent Delerm You’re gonna make me lonesome when you go, Bob Dylan La différence, Lara Fabian Les poètes, Jean Ferrat Ma môme, Jean Ferrat Blues, Léo Ferré La fortune, Léo Ferré Paris, Léo Ferré À Saint-Germain des Prés, Léo Ferré Monsieur Barclay, de Léo Ferré Je suis venu te dire que je m’en vais, Serge Gainsbourg Metroland, Mark Knopfler Jardins ouvriers, Serge Lama Des éclairs et des révolvers, Serge Lama Neige, Serge Lama Pauvre Lélian, Allain Leprest Ma môme, ma p’tite môme, Yves Montand Rue de Crimée, Marcel Mouloudji Et bleu…, Pascal Obispo Je rentre, Pascal Obispo Ce qu’on voit… allée Rimbaud, Pascal Obispo L’arbre si beau, Pierre Perret T’as pas la couleur, Pierre Perret La femme grillagée, Pierre Perret Peau Aime [parlé], Renaud Mon bistrot préféré, Renaud Les gauloises bleues, Yves Simon Aux fontaines de la cloche, Charles Trenet Ohé Paris, Charles Trenet Adam et Yves, Zazie
Devinette du jour : quelle célébrité a la particularité de voir son nom cité dans des chansons de Adamo, Alizée, Art Mengo, Pierre Bachelet, Barbara, Didier Barbelivien, Claude Barzotti, Bénabar, Benjamin Biolay, Georges Brassens, Jean-Roger Caussimon, Alain Chamfort, Julien Clerc, Vincent Delerm, Bob Dylan, Lara Fabian, Jean Ferrat, Léo Ferré, Serge Gainsbourg, Mark Knopfler, Serge Lama, Allain Leprest, Yves Montand, Mouloudji, Pascal Obispo, Pierre Perret, Renaud, Yves Simon, Charles Trenet et Zazie ?
Les fidèles du blogs doivent pouvoir trouver facilement. Léo Ferré va jusqu’à citer notre mystérieuse célébrité dans cinq chansons, Barbara dans quatre.
Réponse à la devinette d’hier. On demandait quel toponyme est cité dans le plus grand nombre de chansons de Georges Brassens, après « Paris », « Espagne » et « France ». Bravo à Diego qui a le premier proposé la bonne réponse. Il s’agit de « Cythère », mentionnée dans six chansons. Je plains ceux qui ont cherché la réponse en écoutant systématiquement les douze albums de Brassens dans leur ordre de sortie, parce que la première occurrence de « Cythère » se trouve seulement à la 8e piste du 7e album ! En plus, les suivantes sont dans le 9e album, le 11e, puis dans divers inédits. Je vous passe Les amours d’antan, 8e piste du 7e album donc.
Les autres chansons : Je bivouaque au pays de Cocagne, L’andropause, Le bulletin de santé, Quatre-vingt quinze pour cent et S’faire enculer (où l’on remercie Brassens de ne pas nous avoir gratifié de la rime avec « clystère »).
Réponse à la question subsidiaire. Le seul toponyme désignant un endroit situé en Amérique (Nord et Sud confondus) cité par Brassens est « Pérou », dans Gastibelza, adaptation d’un poème de Victor Hugo. Bravo encore à Diego qui a trouvé le premier. JF nous propose l’Eldorado, qui apparaît dans Le père Noël et la petite fille. Son statut de toponyme est problématique, mais pourquoi pas… il y aurait donc deux toponymes américains chez ce sacré Brassens. Il est aussi question d’un « bar américain » dans Le moyenâgeux et une sorte de scène de western est racontée dans La visite, mais ça ne répond pas vraiment à la question. Sur la vidéo, curieusement Brassens oublie de dire « Pérou », comme s’il rechignait vraiment à nous parler d’Amérique !
Devinette du jour : Brassens fait souvent allusion à des chansons. On a déjà vu dans le blog que cet antimilitariste citait deux fois la chanson Sambre-et-Meuse, voir ici. Mais quelles autres chansons sont citées au moins deux fois dans les chansons du bon Georges ? Question subsidiaire : faut-il y voir un anti-quelque-chosisme ?
Réponse à la devinette d’hier. Je vous demandais un maximum de références au rap dans les chansons de Renaud.
Juthova nous prose « une compil hommage à Renaud par le rap français est sortie en 2001. Ça s’appelle Hexagone 2001…rien n’a changé« . Vous noterez que la deuxième piste de l’album, Où c’est qu’j’ai mis mon flingue, n’est autre que la première chanson passée dans ce blog.
Un commentateur anonyme nous propose « plus qu’une référence, un remake: Lâche l’affaire par R-Wan, le chanteur de Java ».
Je vous propose Hexagonal de Doc Gynéco, référence claire à Hexagone, avec Renaud qui intervient directement.
Pitbull de Booba utilise la musique de Mistral gagnant.
Dans Commis d’office, de Booba et Mala, on entend « C’est pas l’homme qui prend la mer, c’est Christophe Colomb », référence claire à Dès que le vent soufflera de Renaud.
Dans Cherche l’amour de Dooz Kawa, référence claire à Manu de Renaud :
Oh Manu, rentre chez toi Et puis va pas t’tailler les veines, hein Une go de perdue, c’est pas la fin d’la race humaine
Devinette du jour : Le rap, du moins en France, est l’héritier du grand courant de la chanson réaliste qui a marqué tout le XXe siècle d’Aristide Bruant à Renaud. À l’appui de cette théorie, je vous demande de trouver dans le rap un maximum de références aux chansons de Renaud (j’ai des exemples communiqués par Émile, internaute confiné dans les Monts du Forez et référent du Jardin pour le rap).
Réponse à la devinette d’hier. On demandait quelle est la chanson de Brassens dont les couplets sont en vers de 13 pieds. Bravo à Pierre, internaute de la Montagne Sainte-Geneviève, qui a le premier donné la bonne réponse. Il s’agit des Funérailles d’antan. Chanson bouffonne sur un sujet macabre, je me demande s’il faut voir quelque superstition ou message subliminal à ce nombre 13 passé en contrebande (un peu comme le « diabolus in musica » glissé dans la mélodie des Copains d’abord, voir ici).
Pierre remarque que dans Les funérailles d’antan, les vers sont débités « en mitraillette ». C’est quand même une mitraillette bien réglée. Ça fait « un-deux-trois un-deux-trois un-deux-trois un-deux-trois Un » (on peut chanter tous les couplets sur ces paroles, sauf la toute fin). J’ai commis l’erreur de me confiner sans mes partitions de Brassens, mais ça a l’air d’un 12/8, chaque vers s’étalant sur deux mesures. La première est entièrement décomposée en 12 croches (d’où la « mitraillette »), la deuxième contient seulement le dernier pied, et du silence. Et puis ça recommence.
Par Chanson plus bifluorée.
Pierre nous signale aussi Le progrès où quelques vers de 13 pieds fleurissent au milieu d’octosyllabes, très belle chanson. Je n’ai pas d’explication à ces apparitions de vers de 13 pieds, mais j’observe que cette fois la musique est de Jean Bertola. Je ne vois pas comment Brassens a pu écrire un texte sur une métrique aussi curieuse sans une ébauche de musique en tête, au moins un placement rythmique. Par Jean Bertola.
Il me semble aussi que dans Embrasse-les tous des vers de 13 pieds se baladent par-ci par-là au milieu d’alexandrins et d’autres choses, car cette chanson n’a pas une conduite très réglée, au plan métrique s’entend… Par Yves Jamait.
Je vous propose aujourd’hui Miss Maggie de Renaud, qui détaille toutes les horreurs commises par les hommes et pas par les femmes (à part Mme Thatcher bien sûr).
À la fin de la vidéo, Renaud nous dit : « D’une femme au pouvoir on attend peut-être une attitude plus humaine que d’un homme […] donc je l’aime pas, et puis en plus elle est moche ».
Au bout du compte, Renaud en veut à Thatcher parce qu’elle est une femme (moche).
Bonus du jour, la fin de Rien pour vos yeux, un James Bond de l’époque Roger Moore. Miss Maggie fait le ménage, empoisonne la vie de monsieur et drague le beau James pendant qu’il se tape la James-Bond-Girl. Merci à lui d’avoir sauver l’Angleterre et la civilisation.